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Après de nombreuses demandes de personnes intéressées par ce voyage
qui souhaitaient avoir des références, j'ai réuni quelques témoignages
de courageux participants qui ont eu la gentillesse de réaliser et de me
confier leurs impressions personnelles sur leur aventure avec les
dauphins en Mer Rouge. Et comme vous le verrez, c'est assez souvent
intime et émouvant, parfois drôle, toujours authentique…
Merci à eux… de tout cœur !
Et si vous aussi, vous avez vécu l'expérience et envie de communiquer
vos impressions, n'hésitez pas à nous envoyer vos écrits, nous nous
ferons un plaisir de les mettre en ligne !
F.Chotard |
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Témoignage de William
Allemand– Voyage Dauphins et Yoga du 15 octobre 2011 |
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Je
voudrais, en ce début d'année, te faire un retour sur l'expérience
grandiose qu'a été cette rencontre avec les dauphins. Ce stage a
d'abord été une rencontre avec moi-même. Des changements se
poursuivent tous les jours dans ma vie. Mon coeur s'ouvre
tendrement à la beauté de la vie... et je prends conscience de ce
qui m'entoure... j'aime !
Ce voyage a stimulé et fait ressortir beaucoup d'émotions.
Un lâcher prise vers plus de liberté.
Une découverte de l'évolution du corps dans les 3 directions.
Un esprit calme. La force tranquille.
Un travail sur la peur et la confiance en soi.
Une rencontre avec soi, au travers du yoga et des dauphins ; bercé
au rythme des vagues et purifié au souffle du vent.
La mer amplifie notre état émotionnel.
Le calme et la détente sont des clefs pour l'apnée. Et l'apnée
permet d'accéder à une plus grande liberté...
Ai confiance en la vie, observe et laisse toi guider par ton coeur
...dans l'eau comme sur la terre ...
Je me souviens,
les yeux dans les yeux, en créant des cercles à la surface de
l'eau. Il me regardait et jouait avec moi. Nous étions ensemble
dans la magie du partage. Il était à ma gauche, tout prêt.
J'aurais pu le prendre dans mes bras. Le regard était plus fort
que tout.
Voici en quelques mots mes souvenirs les plus intenses pour ce
voyage. L'approche yoga et méditation étaient vraiment un plus
dans cette rencontre avec soi, les autres et les dauphins !!!
A bientôt !!!
William |
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Témoignage de
Blandine Cheval – Voyage Dauphins et Yoga du 15 octobre 2011 |
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"Voilà la vie à repris son
cours...boulot...réunions à gogo...embouteillages et concert de
klaxons et moi je reste étonnement détachée, presque en suspension
au milieu de cette folie furieuse.
Que reste-il de cette semaine passée à bord du
bateau ?
Le regard malicieux et immensément bienveillant
d'un dauphin qui tourne et virevolte autour de moi. Un sifflement
mélodieux et apaisant.... La douce ondulation d'une mère et son
petit qui m'invitent à les accompagner. Une inoubliable expérience
presque ineffable car tellement forte de beauté et d'émotions,
d'échanges évidement avec les dauphins mais aussi avec les autres
participants. C'est un voyage intérieur, un retour vers notre être
profond et l'amour infini et inconditionnel dont nous disposons
tous.
L'appréhension des 1ères mises à l'eau s'est vite
transformée en joie profonde et apaisante. L'impression
quotidienne d'être enveloppée d'une douceur absolue presque
fœtale. Et quand enfin les dauphins viennent à nous alors c'est
juste le temps qui s'arrête, un sourire qui illumine les visages
et une joie immense de palmer parfois calmement à leurs côtés ou
bien plus furieusement derrière le groupe. Le sentiment furtif et
rassurant de retrouver quelque chose de l'enfance.
Et puis il y a ces moments d'échange intime et de
communion avec le groupe lors des séances de yoga et de
respiration, nous unissant dans les larmes et les rires
libérateurs. Ces mantras partagés dans le zodiac avant la plongée
abyssale. Les sourires bienveillants, les baisers échangés et les
clins d'œil espiègles parce que c'était une journée de silence.
Merci à vous deux pour cette inoubliable
expérience. Merci pour cette tranche de vie pleine d'amour et de
douceur à l'image des dauphins. Merci pour tout ce que vous nous
avez transmis. C'est un merveilleux cadeau qui incontestablement
va éclairer mon chemin de vie.
Blandine Cheval - Toulouse |
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Témoignage de Bérangère Chevy- Voyage dauphin Egypte
" fluidité relationnelle" du 14 mai 2011 |
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" Rencontrer un dauphin dépasse tout
ce que l'on peut s'imaginer... D'abord la beauté vous frappe, le
respect s'impose, puis une joie profonde vous augmente le rythme
cardiaque et vous prouve que le moment est unique...Et bien
vivant...jusqu'au moment ou vous réussissez à croiser son regard
et là c'est l'extase à l'état pur...
A certains moments il vous invitera même à jouer avec lui comme si
vous connaissiez son univers et ses pratiques de jeu...comme une
danse, tout se coordonne et s'organise de façon fluide...Il faut
bien entendu être vif...ou pas...Il vous attendra.
Le dauphin vous observe, s'adapte, vous invite...Il vous aime et
ce grâce à l'approche douce et respectueuse que Frédéric Chotard
met en place sur ces stages d'apnée delphinienne.
Bérangère
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Témoignage de Ludovic Savary - Voyage dauphin Egypte
" initiation snorkeling et apnée" du 16 avril 2011 |
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"Je
suis passionné par les cétacés depuis mon + jeune âge.
J'ai attendu de longues années
(j'ai maintenant 35 ans) avant de pouvoir réaliser un des mes
rêves : nager avec des dauphins sauvages.
Le voyage avec Frédéric en Mer
Rouge a dépassé toutes mes espérances :
- nous avons pu nager avec les
dauphins quasiment à chaque sortie, parfois parmi des bancs de
100 animaux.
- l'interaction avec les
dauphins est très forte. Ils viennent souvent tout près de vous
à la recherche d'un échange. Je n'oublierai jamais quand j'ai
nagé yeux dans les yeux avec un dauphin pendant peut être 2
minutes de suite, qui ont duré une éternité. Et les nombreuses
fois où des dauphins m'ont suivi quand je tournais sur moi même.
Le respect et la
"méthodologie" de contact que Frédéric nous inculque aide à
préserver cette qualité de rencontre. Pas question de les
toucher, de les solliciter quand ils dorment, d'arriver
bruyamment dans l'eau.
- voir Frédéric évoluer sous
l'eau avec les dauphins est aussi un grand moment. Ses aptitudes
à l'apnée et son aisance sous l'eau donnent lieu à des moments
magnifiques. Et les photos et films qu'il fait sont des
souvenirs extraordinaires.
- les sites également sont
superbes. Souvent dans 6 mètres d'eau turquoise avec des coraux.
On croirait plonger dans des aquariums. Et d'ailleurs ceux qui
veulent plonger avec des bouteilles le peuvent.
- Une ambiance d'échange et de
fun qu'ont mise Frédéric et Adeline (qui encadre également le
groupe) sur le bateau.
- A noter également la qualité
des plats concoctés par le cuisinier, ainsi que la gentillesse
des membres d'équipage.
Je précise qu'on n'a pas besoin
d'être un spécialiste de l'apnée pour profiter des dauphins
puisque ils viennent souvent nager avec vous en surface.
Un grand merci à Frédéric pour ces moments inoubliables.
Ludovic"
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Témoignage de Noemie Reveney - Voyage dauphin Egypte
" watsu -wata" du 11 septembre 2010 |
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"Ose."...
L'incertitude a
laissé place à la clarté pure.
Je pensais que les
dauphins ferait sauter mes barrières, la vérité c'est qu'avec eux,
nos barrières n'ont simplement plus de raison d'être. Qu'importe
les orages et les naufrages, ce voyage est une renaissance. C'est
indéniable et résolument beau! Le regard capté d'un dauphin, la
douceur et l'amour infini qui en découle, ce moment-là est
tellement dense... c'est dix fois trop pour notre terre, bien
au-delà de ce que nous pouvons nommer "l'intelligence" ou toute la
rationalité que nous exigeons de la vie. Je pensais connaître,
savoir... rien ne pouvait me préparer à cet instant-là. C'est
d'une violence inouïe dans une douceur inouïe, je pensais réaliser
mon rêve, de fait j'ai ouvert la porte à des rêves encore plus
grands.
L'expérience du
Watsu/Wata a été également une révélation! Mon amie, qui m'amenait
entièrement sous l'eau, courbait mon corps et dépliait mes limites
jusqu'à ce bien-être immense. J'en arrivais à me demander si
j'avais encore besoin de respirer... Les souvenirs de ces jours de
septembre, 14 ans plus tôt, me revenaient en force: la bouteille
d'oxygène près du berceau, ma filleule âgée de 6 mois, son visage
à demi caché par le masque, ce petit être léger dans mes bras,
l'odeur de sa peau, de ses pyjamas, le froid des hôpitaux, la
chaleur de son amour. Je me guérissais de tout ça, sous l'eau,
portée, guidée, protégée par mon amie, entourée par l'extrême
douceur d'Arjana et Fred.
Avant ce voyage
extra-ordinaire, chaque personne qui me touchait me donnait une
sensation de brûlure... cette impression s'est évanouie, je l'ai
d'abord mis sur le compte de l'émotion du moment, mais c'est bel
et bien installé: je peux toucher et me laisser toucher en
confiance, sans malaise. On peut tout expliquer, on peut tout
calculer, on peut trouver mille et une raisons à tout... je ne
fais que raconter ce que je vois. Là. Devant moi. Ce que je
ressens. En moi. Je n'invente rien, je ne suis qu'un témoin parmi
d'autres. Dans les abysses bleues, dans le silence ponctué par le
chant des dauphins, dans les battements de mon coeur, dans ce film
au ralenti et dans cet espace où tout devient possible...
j'ai ouvert les
yeux.
Noémie Renevey -
Suisse
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Témoignage de Sophie Bertrand - Voyage dauphin Egypte
" watsu -wata" du 11 septembre 2010 |
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« J'ai
participé avec une joie infinie au voyage dauphins et watsu-wata
du 11 au 18 septembre 10.
J'y suis allée
dans l'intention de "réparer" des blessures d'amour maternel,
particulièrement et m'ouvrir à l'Amour inconditionnel,
m'autoriser à le recevoir et le laisser circuler en moi.
J'y ai rencontré
des personnes de coeur et un groupe riche de bienveillance et de
partage.
Je me suis
sentie nourrie en profondeur, car aimée, dans bien des dimensions.
La rencontre avec les dauphins a permis une ouverture de mon coeur
nouvelle et les ateliers de wata ont permis de libérer des
blocages, des tensions et freins qui contribuaient à empêcher
cette ouverture.
La rencontre
avec les dauphins, l'approche extrêmement respectueuse de qui ils
sont, dans leur environnement m'a beaucoup plu.
Je vous remercie
Fred et Arjana pour votre douceur et votre professionnalisme,
votre bienveillance respectueuse du chemin de chacun et votre
sagesse.
L'équipage est
également très délicat, consciencieux, présent, disponible et
discret à la fois
J'ai vécu un
immense plaisir ! Un grand merci pour cette expérience que j'ai
vécu comme une initiation sacrée et christique. »
Sophie Bertrand
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Article de P.Van Eersel Paru dans
Nouvelles Clés d'octobre 2010 (version longue)- Voyage dauphin
Egypte "5ème Rêve" du 29 mai 2010 |
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DIALOGUE EN APNEE
Patrice Van Eersel
(auteur du "Cinquième Rêve")
C’est l’animal totem des temps post-modernes. Nos contemporains en
sont facilement fous et cela se comprend : si nous n’étions pas
sensibles à ces bolides somptueux de grâce et d’intelligence,
débordant d’empathie à notre égard, quoi de naturel pourrait
encore nous toucher ? Mais comment se fait-il qu’ils nous servent
à ce point de miroir ? Nous sommes allés nous poser la question
avec une vingtaine d’êtres humains, sur un atoll de la Mer Rouge.
Phase 1 - L’émerveillement
A peine ai-je glissé dans l’eau depuis le Zodiac – « avec
délicatesse », nous a demandé Fred, notre guide apnéiste –, que
les dauphins sont là. Un groupe d’une dizaine de Stenella
longirostris avance à petite allure, comme pour me permettre
de les suivre. Leur beauté est d’une finesse rare. Ventre gris
clair, dos plus sombre, avec une bande gris foncé de l’œil aux
pectorales, ils sont plus petits que leurs cousins Tursiops
(l’espèce à laquelle appartient Flipper), ne dépassant guère les 2
mètres de long. Une taille quasi humaine.
Tout d’un coup, deux d’entre eux surgissent à ma gauche. Le plus
proche doit être un mâle. Le soleil joue avec le grain de sa peau
soyeuse, cet épiderme fascinant, qui absorbe les turbulences à
grande vitesse. Immense est la tentation de tendre la main pour le
toucher, mais c’est hors de question : la déontologie de la
communication inter-espèces me commande de garder les bras alignés
le long du corps. Respirant le plus calmement possible dans mon
tuba, je me remplis les yeux. Et lui aussi me scrute de son œil
droit. Il a une cicatrice blanche sur le bord inférieur de la
bouche (un signe qui va m’aider à le retrouver souvent, c’est sans
doute le plus anthropophile de la bande – ou celui qui est chargé
de nous surveiller ?).
Mais voilà qu’ils me dépassent, m’invitant à virer comme eux à
tribord. Nous effectuons ensemble une ronde en demi-cercle et d’un
seul coup, ils plongent. Je les suis. Nous descendons de quelques
mètres. Pour ne pas les perdre de vue, je me retourne sur le dos,
contemplant la surface qui miroite là-haut. Ils font des spirales
que je tente maladroitement d’imiter. Je sais combien je suis
raide. Mais le sentiment y est. Quel bonheur !
Cela fait dix ans que je n’avais plus tenté l’expérience, je
m’attendais à avoir du mal à les suivre en apnée. Mais quand des
dauphins jouent avec vous, vous oubliez de respirer ! Nous dansons
ensemble un temps indéfini, dans la musique hyper aiguë qui
signale leur présence de loin. Puis mes deux comparses rejoignent
leur groupe, que je vois s’éloigner, tout au fond, dans une
chorégraphie somptueuse.
Observé de près, tout animal sauvage est passionnant. Mais
celui-là ! Les cétacés sont les princes des mers. Leurs ancêtres
étaient aériens comme nous. Ils ont commencé à devenir aquatiques
(à redevenir, au départ toute vie vient de la mer) il y a 50
millions d’années. Leur intelligence nous est un mystère, puisque
leur gros cerveau ne leur sert pas à fabriquer des objets, mais
juste à entrer en relation, notamment par des sons qui ressemblent
à des musiques.
Pourtant, depuis peu, les humains ont percé une partie de ce
mystère, ou plutôt à le vivre. Les records des champions apnéistes
nous révèlent en effet que l’humain a en lui les capacités de
plonger aussi profond et longtemps que les petits dauphins. Avant
de partir pour la Mer Rouge, j’ai remis à jour mes fiches et en
suis resté coït. Les progrès ont été si rapides ! (cf. encadré).
Personnellement, je me contente de quelques petits mètres. Mais je
me souviens de la leçon de mon ami Jacques Mayol, qui ouvrit la
voie en dépassant les 100 mètres en 1976 : l’important est cette
sorte de yoga que l’apnée sous-marine inspire. Vous pouvez rester
longtemps sans respirer, à condition d’être calme. L’eau a la
vertu de renforcer votre feeling : si vous vous affolez, la
panique ira crescendo ; si vous vous calmez, votre sérénité s’autorenforcera.
Je tente une méditation contemplative, et me laisse lentement
remonter à la surface, quand un choc interrompt ma rêverie. Une
masse m’a cogné le crâne. J’en avale une tasse et me retourne en
toussant : diable, c’est un autre humain ! Je reconnais le grand
Denis, qui fait partie du groupe que j’accompagne en Mer Rouge.
Égotiquement abîmé dans ma contemplation, j’en avais oublié mes
congénères. Mon agacement ravalé, je regarde à la ronde : tous les
autres grimpent à bord des Zodiacs pour regagner le bateau. La
plongée de ce matin est terminée.
Phase 2 – Le miroir
Nous sommes ancrés en pleine Mer Rouge, dans le Lagon des
Dauphins, à la latitude du barrage d’Assouan, près du Tropique
du Cancer. Assis en cercle sur le pont, nous partageons nos
impressions. Grande est l’exaltation générale. Il faut dire que,
ce matin, nous avons été gâtés. Un groupe de plus de cent
Stenellas nous a accueillis d’une façon telle que nous avons dû
réviser notre échelle des contacts. Ordinairement, celle-ci
est à trois degrés :
Degré 1 : dauphins en vue, mais disparaissent dès qu’un humain
plonge.
Degré 2 : dauphins au repos pouvant vous laisser nager à proximité
si vous restez tranquille, mais n’interagissant pas.
Degré 3 : dauphins d’accord pour une interaction plus ou moins
grande.
Mais ce matin, il nous faut inventer un degré 4, tant le contact a
été puissant. Nous ne savions plus où donner de la palme. A peine
un dauphin avait-il fini de danser avec vous, qu’un, deux ou trois
autres vous entrainaient ailleurs, tantôt vifs, tantôt
contemplatifs. Même ceux d’entre nous qui rechignent à plonger ont
été comblés. Aussi les témoignages sont-ils euphoriques. Michel
n’aurait jamais pensé « qu’une communion totale avec des êtres
d’une autre espèce soit possible ». Agnès est hilare : « Une maman
dauphin a poussé vers moi son petit, elle voulait me le
présenter. » Franck assure que la plongée de ce matin restera
gravée en lui à vie. Claude a été frappée par l’esthétique de la
rencontre, et bouleversée par la danse en apnée de Frédéric : un
humain peut donc nager au milieu de dauphins avec la même grâce
qu’eux ! Amélie a traversé trois stades : d’abord un immense fou
rire ; puis les dauphins l’ont emmenée « voir ses ombres et
limites », qu’elle a dû accepter de lâcher ; enfin, ils l’ont
entrainée dans leurs jeux, dont elle est sortie exultante et
épuisée. Christine préfère « ne pas chercher à verbaliser » une
expérience qui l’a submergée. Etc. Bref, la communication
delphinienne s’inscrit facilement dans une démarche de
développement personnel. C’est fou ce que ces animaux sublimes
peuvent servir de miroir, ouvrir les cœurs et désamorcer les
inhibitions. Dans certains cas, un encadrement psy (ou spirituel)
ne serait pas inutile, pour distinguer le réel, le fantasme,
l’imaginaire, et mieux intégrer l’expérience. Par chance, notre
voyage rassemble des créatifs culturels type, c’est-à-dire
des gens qui ont fait un minimum de travail sur eux-mêmes.
Profitant des pauses, chacun enseigne aux autres les bases de
telle ou telle technique – art martial, massage, méditation... Peu
à peu s’installe un esprit de groupe. Ou plutôt le désir d’un
esprit de groupe, car si l’esprit de coopération est remarquable
au sec, sitôt dans l’eau, nous avons tendance à nous disperser
comme des enfants étourdis. Or, tout se passe comme si les
dauphins, dont les gestes sont si bien synchronisés, nous
invitaient à faire comme eux. À mesure que la semaine s’écoule,
nous allons former des figures collectives dans l’eau, nous tenant
les uns aux autres de différentes façons (par les mains ou les
palmes)...
Nous en sommes là, flottant tous ensemble en un grand cercle sur
la mer – espérant naïvement que les dauphins vont venir jouer dans
notre ronde –, quand d’épouvantables cris nous font sursauter : « Dolphins !
Go ! Go ! Go ! » Nous voilà
entourés d’une nuée de nageurs inconnus, qui plongent en faisant
la « bombe » au-dessus des dauphins. Ces derniers déguerpissent et
nous nous réveillons de notre rêve de fraternité inter-espèces. A
notre honte, ces intrus sont français. Mais au cours de la
semaine, nous verrons défiler nombreuses autres nationalités, qui
ne respectent pas les mêmes consignes d’approche respectueuse que
nous.
Phase 3 – Le dilemme
Depuis les années 50, la Mer Rouge est le paradis des plongeurs
équipés de bouteilles, qui visitent la splendeur des récifs de
corail. Depuis que Frédéric Chotard a lancé ses croisières, en
2003, c’est aussi celui des apnéistes delphiniens. Résultat : les
rencontres humains-dauphins sont en pleine expansion. Certains
jours, ce sont dix bateaux qui se trouvent amarrés dans le lagon –
soit deux cents humains désireux de nager avec les dauphins.
Certes, on estime à plusieurs centaines le nombre des Stenellas
qui reviennent chaque matin se reposer dans le lagon, jouer et
s’accoupler, après avoir passé la nuit à chasser au large. Mais
bientôt tous les lagons de la Mer Rouge risquent de se trouver
saturés, ce qui aura un effet pathogène sur l’écosystème. Se pose
alors une grande question : un écotourisme delphinien est-il
possible ?
Il n’y a pas de réponse simple. L’écotourisme fait aujourd’hui
l’objet de grands débats. À l’instant où j’écris cet article
s’achève en France, le 1er Forum national du
tourisme responsable (1).
Paradoxalement, l’opposition la plus vive aux voyages comme le
nôtre fait se rejoindre les militants durs de la protection de la
nature et les propriétaires des delphinariums. Les premiers
voudraient que tout biome naturel soit interdit aux non
professionnels ; les seconds renchérissent, incitant les foules à
payer le billet d’entrée de leurs cirques aquatiques, dont
certains vous proposent de grimper sur des dauphins domestiqués.
J’avoue être de ceux qui se révoltent à l’idée que l’on emprisonne
des animaux sauvages – surtout si, en liberté, ils cherchent à
entrer en contact avec nous !
Il existe une voie du milieu réaliste, qui repose sur une
éducation à l’approche respectueuse de la nature. Comme toujours,
la démocratisation passe par une phase barbare, que les pouvoirs
publics canalisent plus ou moins bien. Certains lagons ayant déjà
été saturés, les autorités égyptiennes ont opté pour une
réglementation, forcément bureaucratique, avec réservation de
créneaux horaires et port obligatoire de gilets de sauvetage. Mais
il y a aussi d’autres perspectives. D’abord du fait des dauphins
eux-mêmes. Depuis 2003, ils sont de plus de plus interactifs.
Comme s’ils avaient appris à nous connaître. Du coup, il devient
possible de convaincre les voyagistes d’adopter une charte
éthique, car les dauphins fuient les humains brutaux ! D’où le
projet de Frédéric Chotard : faire du Lagon des Dauphins
une réserve naturelle d’un nouveau genre. Un projet futuriste, que
vous trouverez sur son site (2). Frédéric aime citer ce proverbe
égyptien mystérieux : « Quand tu es au fond du gouffre, si tu es
sincère, le dauphin t’apparaît. » Il est vrai qu’ici, dauphin se
dit Abu Salam, ce qui signifie « père de la sagesse ».
1. www.forum-national-tourisme-responsable.com et
www.voyageons-autrement.com
2. www.sea-dolphin.fr
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Encadré
Nous avons les capacités d’un mammifère marin !
Le record de durée sous l’eau est actuellement détenu par le
Français Stéphane Mifsud, avec 11’35”, et par la Russe Natalia
Molchanova, avec 8’23” – si vous essayez dans votre baignoire,
vous serez déçu, mais cette potentialité est en vous. Quant aux
records de profondeur, ils sont fous : dans la catégorie « no
limit », entrainés par le poids de leurs gueuses,
l’Autrichien Herbert Nitsch est descendu à 214 mètres, et
l’Américaine Tanya Streeter à 160 mètres (la Française Audrey
Mestre avait atteint 170 mètres, mais elle en est morte). Mais la
plus belle plongée en apnée, c’est actuellement celle de Guillaume
Nery, qui a battu le record du monde de descente à poids constant,
c’est-à-dire avec la seule aide de ses palmes, dans les deux
sens : 115 mètres ! Allez donc l’admirer en cliquant par exemple
sur
www.koreus.com/video/guillaume-nery-trou-bleu-dean.html
!
À lire
• Le livre des dauphins et des baleines (tour du monde des
lieux delphiniens), Brigitte Sifaoui, Albin Michel.
• Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, Karine
Lou Matignon, Albin Michel.
• Mermère, Hugo Verlomme, JC Lattès
• Le Cinquième Rêve, Patrice van Eersel, Grasset et Livre
de Poche.
• Dauphins ambassadeurs, Frédérique Pichard,
éd. Democratic Books – une extraordinaire histoire, dont nous
reparlerons, à paraître fin 2010. |
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Témoignage de Jean Alain Pillonetto - Voyage dauphin Egypte
"interprétation de rêves" du 31 juillet 2010 |
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« Le cœur est trouble, le cœur est
double. Le corps ondule et tangue encore, doucement, tendrement.
La fatigue du voyage s’estompe, les attentes à l’aéroport, la
route de nuit s’évanouissent peu à peu. La vie reprend. Les
émotions des au revoir sont toujours là, fortes, multiples, du
bateau au bus puis l’avion et la voiture. Tous reviennent,
ondulant devant mes yeux, tournoyant dans mon cœur, s’illuminant
peu à peu dans mon esprit. Les messages d’amour murmurés dans les
bras les uns des autres s’entrelacent dans mon esprit, devant mes
yeux, les larmes de joie sont toutes prêtes à rouler de nouveau.
Mon bateau intérieur tangue toujours.
Les longues palmassions saccadées du
premier jour font place aux coulées amples et fluides des jours
suivants. Retrouver la compagnie fugace de la maman dauphin
et de son tout petit, le frôlement puissant de cet autre venu
coupé la trajectoire maladroite de la nage du premier jour,
onduler encore et encore seul au monde avec eux, sur le bord de
leur groupe, à ma droite , là où j’ai le moins peur de les blesser
avec mes palmes. La magie de la rencontre continue, douce et
puissante, silencieuse et colorée. Je glisse au milieu d’eux.
Lentement le groupe de dauphins a ralenti, m’attend. Dans mon
tuba, je leur parle, leur demande d’aller moins vite, comme je
parle à Nuendo, notre chien quand nous partons courir dans la
garrigue. C’est naturel, elle comprend tout ce que je lui dis avec
ma voix, avec mes yeux, avec mon cœur. Ils me regardent, se
regroupent un peu, vont moins vite. Les larmes coulent dans mon
masque. Les allées-retours sur le même parcours, en huit repassent
sur les mêmes, au dessus de la même fosse où ils sondent. Je les
suis cette fois, mon tuba vibre plus je m’enfonce et les envie
dans leur facilité à tournoyer, à jouer à saute montons, à jaillir
hors d’eau et redescendre dans un feu d’artifice de bulles et de
sourires. Plus loin, le groupe se sépare en 3 sous groupes,
j’accompagne à 4 ou 5 mètres le groupe le plus proche de moi, la
maman dauphin, son tout « petitou » tout blanc, grand comme mon
bras pas plus, et deux autres mamans et leurs petits déjà plus
« grandet ». La nage se fait plus lente, je ralenti, trop content
de souffler un peu, toujours loin et en arrière pour lentement
remonter à leur hauteur, voir un peu les déplacer. Un cliquetis
inattendu vient de nulle part, très audible. Il est là, tout à
côté de moi, je réprime une envie de lui tendre la main, comme je
la tends à mes petits fils de temps en temps quand l’amour parle.
Nos regards se soudent, son œil coquin et tranquille à la fois… je
comprendrai demain dans les exercices d’apnée l’immensité de ce
regard, de ce dialogue silencieux. Glisse le groupe reformé. Nager
avec eux, rester en contact visuel m’empêche de réfléchir. Je vis
un de mes rêves de gosse, comme celui d’aller voler avec les
aigles en parapente. Je ne sais plus depuis combien de temps je
suis avec eux, où est le groupe d’humains que je suis censé ne pas
trop quitter. Je me sens seul au monde au côté, puis au milieu
d’un groupe de dauphins organisés, les uns enseignant la vie par
l’exemple, les autres jouant à s’éclabousser d’insouciance et de
gambades.
Les séquences de mon expérience
intérieure avec eux se mélangent. Maintenant assis dans le kayak
nous sommes deux à chorégraphier de nos allées-retour l’atoll peu
profond blanc sablonneux. Je n’ai qu’une peur ce matin, toucher de
ma pagaie l’un d’eux et risquer de les blesser. Le groupe de
dauphins est plus vif, plus rapide. Je décide de quitter le groupe
d’amis palmant derrière eux pour aller attendre les dauphins, tout
seul, loin et à l’écart du groupe un peu pressant et bruyant des
palmes. Nous reprenons bientôt la promenade, je pagaie lentement
en les attendant, Olivier les filme et photographie à n’en plus
finir. Les images sont belles, la rencontre a eu lieu encore une
fois, le bonheur simple s’installe, je relâche ma vigilance et me
comble de ce moment. La jouissance de mon cœur, la paix de mon âme
miroitent dans le soleil du matin, le temps s’arrête, je ne
connais pas les mots pour faire partager ce qui s’ex pense en moi.
Le soleil brille de plus en plus sur mes épaules brûlées. Je
dois revenir au bateau que nous avions quitté précipitamment. Je
n’ai pas peur. Je sais que je serai tout bientôt à nouveau
avec eux. Je suis déjà un peu avec eux, les espérant à
l’occasion des nouvelles journées passées en mer, ailleurs,
sur d’autres atolls, dans d’autres jardins de jeu et de repos.
Les retours au bateau, la vie
luxueuse à bord, les échanges entre humains parfois pomponnés et
compliqués m’arrachent au bonheur d’être parmi les dauphins, je
les rêve et les vois partout. Je finis par les voir, en vrai
depuis le pont supérieur par mer d’huile, dans le soleil levant,
se déroutant pour venir nager au côté du bateau, je les devine
dans l’ultime après midi de navigation. Mon cœur est caressé par
leurs présences, par la transformation qui s’intensifie lente et
puissante à la fois. Je suis touché. J’accueille, simplement.
Plus tard viendra le temps de la
tête, le plus tard possible. Je cultive l’émotion, zombie au
milieu des humains savants et respectables, ma place pour le
moment est ailleurs, dans la gratitude et la reconnaissance envers
cette TERRE-MER, ces êtres doux et bien à leur place que sont les
dauphins, leur acceptation à nos, à mes intrusions maladroites
dans leurs groupes de vie et d’amour.
Roule toujours dans mon corps
l’ondulation de nos chemins de vie, un coup en surface, un coup
dans l’eau.
De retour au bateau, puis de retour
au port d’attache, la dernière soirée s’approche. Un vent des
sables nous accueille. Il fait chaud tard dans ce pays, comme une
invitation à passer du monde de l’Eau à celui de la Terre, et de
celui de la Terre à celui du Feu emmené par l’Air. Troublante
situation pour nous qui venons de regarder le ciel, les étoiles
lors d’une méditation, le bleu profond des tombants, au ras de
l’atoll, les 4 directions pour deviner les groupes de dauphins.
Je me sens différent,
un peu changé. Ma vie d’homme s’efforce de se rapprocher de la
sagesse, et déjà, je veux redevenir sauvage, les images, les
paroles, les échanges entre nous s’éloignent doucement, demeure le
nouvel état de cœur. Accepter le monde comme il est fait et faire
tout ce que je peux pour le changer, à ma mesure, du mieux que je
peux chaque jour et chaque jour un peu mieux.
Merci Frédéric pour ces
voyages parallèles, celui des dauphins, celui de l’eau, celui du
cœur, celui des Femmes et des Hommes. Merci à toi aussi Florent
pour y être déjà allé et en être revenu plus enfant que jamais, la
tête à l’envers comme il se doit.Je formulerai un tout petit vœu
pour continuer à onduler dans le temps, dans les temps à venir : «
que je puisse à nouveau, l’an prochain par exemple, dans la
douceur de juillet ou d’août (de préférence) revivre une
expérience, une tranche de vie, avec le même bateau, le même
équipage, les mêmes guides et les personnes. Mais bien sur, je
sais, je rêve, je continue à rêver mon rêve d’enfant. Je continue
à rêver tous les possibles ……
Jean Alain Pillonetto
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Témoignage de Elisabeth Auplat - Voyage dauphin Egypte
" Apnée Delphinienne du 3 juillet 2010 |
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Apnée delphinienne en Mer Rouge :
« Se connecter à l’esprit de la mer »
Je suis venue de Nouvelle-Calédonie pour faire la
croisière Apnée delphinienne du 3 au 10 juillet 2010. J’ai fait le
voyage de l’autre bout de la terre pour rencontrer cet homo
delphinus qui nage en synchronicité avec les dauphins et entre
en résonance avec leur âme. J’ai fait le voyage pour découvrir le
véritable esprit de l’apnée avec des maîtres en la matière, les
dauphins, et je viens de faire le plus beau voyage de ma vie…
Nager avec les dauphins libres est déjà en soi un
véritable cadeau mais plonger en apnée avec ces princes de la mer
est un réel privilège auquel Frédéric Chotard nous a permis
d’accéder durant ce voyage. Apneiste hors paire, il ne nous a pas
seulement appris à retenir notre souffle plus longtemps sous
l’eau, il nous a montré avant toute chose comment préparer notre
conscience à la rencontre avec les dauphins, une rencontre qui se
mérite et se respecte. Pour cela il nous a appris, d’une part à
nous mouvoir de la façon la plus harmonieuse qui soit dans l’eau
(ondulation, gestes doux et harmonieux), d’autre part à lâcher
prise et à entrer en synchronicité, d’abord entre nous humains,
puis avec les dauphins. Je n’oublierai jamais ces moments où j’ai
eu le sentiment que le temps s’arrêtait, immobilisée que j’étais
dans l’instant présent, dans l’amour et dans l’harmonie la plus
totale.
Imaginez, vous êtes là immergés en plein cœur de la
Mer Rouge, dans une eau bleu turquoise cristalline, et d’un seul
coup vous entendez leur sifflement et leur cliquetis dans l’eau.
Ils arrivent, par dizaines, nageant au même rythme dans un immense
mouvement harmonieux. Vous avez tout à coup l’impression d’être au
milieu d’un scanner géant ! Une vague de dauphins vous tourne
autour, vous donne envie de nager et de jouer avec eux, et une
autre vague, d’émotions cette fois, vous envahit et vous chavire
littéralement ! Là il ne vous reste qu’à « brancher votre esprit
sur celui des dauphins » comme dit Frédéric, et à vous laisser
aller dans la danse delphinienne. Préparés comme nous l’étions par
notre moniteur, apnéistes et non apneistes mélangés, nous n’avons
eu aucun mal à approcher ces princes, avec respect, et à se faire
accepter dans leurs différents groupes. Nage synchronique, longues
et belles apnées, regards échangés sous l’eau, vrille dans
tous les sens, jeux, mimétisme (dans le sens plongeur-dauphin mais
aussi dauphin-plongeur !) il y a des moments où je me suis sentie
l’âme d’une dauphine !
Frédéric avait raison, rencontrer les dauphins
libres nous rend plus aimants, plus vivants, plus joyeux, plus
vrais. Plus conscients aussi. Cela s’est vraiment ressenti sur le
bateau où les liens entre les membres de notre groupe se sont
tissés au cours du voyage et des rencontres delphiniques. Les
consciences se sont éveillées au fil des jours et nous sommes tous
repartis le cœur remplit et l’âme joyeuse.
Cette semaine en Mer Rouge reste pour moi un
véritable voyage d’initiation à la vie, à l’amour. J’y ai
rencontré les dauphins mais je m’y suis surtout rencontrée moi.
Car les dauphins ont le don de refléter notre âme… J’y ai aussi
retrouvé le Nord de ma boussole grâce au travail sur la conscience
que Frédéric nous a proposé.
Merci à toi homo delphinus, merci de la
gentillesse et de la bienveillance dont tu fais preuve avec tout
le monde. Tu te rends accessible à tous les plongeurs, quelque
soit leur niveau, et tu partages ta passion avec une telle
générosité que ça en est magnifique.
Il suffit de te voir nager avec nos frères d’apnée
pour comprendre le chemin que tu as parcouru dans ta connaissance
des dauphins et de toi-même. Lorsque tu nages avec eux, je crois
qu’ils ne font même plus la différence entre un humain et un des
leurs…
Avec les dauphins et grâce à toi Frédéric, j’ai pu
me connecter à l’esprit de la mer. Le rêve de tout apnéiste. Merci
pour ce beau partage, merci à tout l’équipage du Beau rivage pour
cette fabuleuse croisière et longue vie à Sea dolphin !
Elisabeth Auplat |
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Témoignage de Nathalie Grospellier - Voyage dauphin "5eme rêve"
avec P. Van Eersel mai 2010 |
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Une
semaine hors du temps…
Tout a été fluide et j’ai retrouvé ma joie de vivre.
L’approche toute en douceur des dauphins oblige à revenir à soi, à
retrouver la joie, la spontanéité qui tendent à s’étioler, à se
refermer. J’ai beaucoup apprécié la séquence respiration avant de
se mettre à l’eau. J’exultais avec ces dauphins qui jouent,
narguent, pointent leur rostre en surface comme pour se moquer de
ma difficulté à calmer ma respiration. J’ai aimé comme ils nous
entraînent dans leur jeu, ils nous convient à les suivre. Je leur
criais mentalement « je vous aime, je vous adore, vous êtes
beaux je voudrais plonger avec vous, attendez moi » et je me suis
plue à penser qu’ils m’avaient comprise, car il me semblait qu’en
effet ils ralentissaient. Mon plus grand plaisir a été de tourner
en rond en restant dans le regard d’un dauphin, une danse souffie
à la osho peut être…
Cet amour inconditionnel qui émane de la proximité des dauphins
transcende, je me sens vibrante d’amour, de joie, de malice, leur
joie, leur amour, leur malice. La confiance des 2 mères qui nous
ont entraînés Franck et moi dans leur sillage m’a bouleversée.
Nous étions dans la famille, avec les petits comme si elles
voulaient nous faire goûter cette tendresse et cette
responsabilité aussi, comme si elles étaient fières de nous monter
leur progéniture. Anthropomorphisme…peut être. Peut être aussi un
message d’espoir, en tout cas une envie de partage.
J’ai vécu un magnifique moment avec Christine, elle était avec un
dauphin et je me suis écartée pour la laisser vivre son
moment et le dauphin est revenu me chercher, il a fait en sorte
que nous soyons tous les 3 ensemble, lui entre nous deux,
collés, collés.
Et
c’était bon de te voir danser avec eux, oui homme dauphin.
Ainsi c’est possible…
Je
te remercie de l’expérience que j’ai pu vivre grâce à toi en
initiation à l’apnée. J’ai touché du doigt ce que je recherche en
yoga, rencontre avec un état de sérénité absolu. Ca a peut être
duré 3 secondes mais c’était une éternité. Ta bienveillance et
l’invitation de ton regard à rester à tes côtés m’ont permis de
faire un pas vers moi. J’ai voulu retrouver ce moment mais le
désir était trop fort, une forme d’avidité m’a fait rater le
moment, et c’est la peur qui a pris la place du désir,une leçon
très yogique !
Se
substituer à la volonté du temps alors qu’il s’agit de laisser le
temps faire sa volonté. Tu incarnes si bien ce que tu transmets…Du
fond du cœur merci.
A
J+5 mon oreille droite est encore endormie mais n’est plus
douloureuse et le mal de terre s’estompe…et une seule envie
recommencer !
Nathalie |
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Témoignage
de Sandrine Pelletier - Voyage dauphin Egypt du 22 mai 2010 |
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Depuis l’adolescence, c’était un rêve de
petite sirène des piscines…
Grâce à Frédéric ce rêve est devenu réalité
dans le plus pur respect des dauphins.
Ce voyage est magique, la rencontre avec les
dauphins unique, on ressent immédiatement un bien être, une
sérénité, toutes les appréhensions et les peurs s’envolent en leur
présence. Le dernier jour de nage avec les dauphins a été d’une
émotion intense…. « on se lève tôt » nous avait-il dit pour en
profiter. A peine debout, nous voilà dans le zodiac avec palme
masque et tuba. Ils sont là tranquilles, nombreux, mais vont-ils
nous accepter ? Nous espérons tous que « oui » bien que nous ayons
déjà vécu des moments magiques durant la semaine. Sandrine, Manu,
allez y nous dit-il. Nous nous glissons doucement, et là, à peine
le temps de mettre la tête dans l’eau que deux dauphins tournent
autour de nous désireux de jouer avec nous. Un fou rire de joie me
saisit, bien oui mais avec un tuba dans la bouche ce n’est pas
facile…Et durant deux heures, les dauphins nous ont laissé les
suivre, ont joué avec nous, nous ont baladé dans la lagune à coup
de palmes uniquement. Formidable, une extraordinaire dernière
séance pensions nous tous. Nous remontons sur le bateau et prenons
un petit déjeuner bien mérité, ivres des images et des sensations
réunies durant deux heures. Un peu de repos, et voilà les dauphins
à porté de vue nageant paisiblement dans la lagune. Ils se
reposent nous dit Fred, on va y aller tout doucement juste pour
leur dire au revoir. Fred prend sa monopalme, nous nous mettons à
l’eau et nous voilà devant un spectacle unique, la danse des
dauphins avec l’homme dauphin. Les dauphins suivaient, jouaient,
tournaient autour de Fred, et attendaient en jouant avec nous que
Frédéric reprenne son souffle, pour repartir immédiatement dès que
ce dernier plongeait à nouveau. Fred les a amené jusqu’au bateau
où nous leur avons dit au revoir les larmes aux yeux et la gorge
serrée.
J’espère juste que ce petit paradis perdurera
afin d’y pouvoir emmener nos enfants quand ils seront grands car
c’est déjà devenu leur rêve.
Sandrine, COURBEVOIE |
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Témoignage
de Emmanuel Sillière - Voyage dauphin Egypt du 22 mai 2010 |
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Expérience unique et magique!
Un pur moment de bonheur que la nage avec nos amis les dauphins :
Ce regard malicieux, cette indépendance dans leur comportement, dans le
choix de venir nous voir ou pas…
Une prise de conscience de ce que le respect des autres peut apporter…
Grace à Fred, à ses connaissances et ses conseils, nous avons pu établir
un contact exceptionnel et avoir de long moment de partage et de
jeux avec les dauphins. A en perdre la notion du temps ; quelle
magie…
Merci Fred pour cette semaine et toute sa richesse !
Une seule question reste en suspend : quand y retourne-t-on ?
Manu, COURBEVOIE
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Témoignage de
Florent Dechoz - Voyage dauphin Egypte du 12 septembre 2009 "Watsu
Wata" |
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Il y a trois mois, je
n'imaginais la possibilité de nager en mer avec des dauphins
sauvages.Ce rêve d'enfant, je viens de le réaliser, grâce à la
rencontre de Frédéric CHOTARD qui étudie ces magnifiques cétacés
depuis presque 20 ans.
Je suis donc parti pour
une semaine en mer Rouge, accompagné de Frédéric et Arjana sa
compagne, pour vivre la rencontre et la nage avec les dauphins.
La compagnie mit
à notre disposition un magnifique yacht, équipé pour la
plongée sous-marine, et c'est après 8 heures de navigation
que nous arrivâmes enfin dans le lagon où se retrouvent les
dauphins après une nuit de chasse en haute mer. L’eau de ce lagon
est à cette période de l’année à 30 degré, et d’une transparence
incroyable.
Ses qualités d'apnéiste,
sa connaissance des dauphins, sa gentillesse, permet à Frédéric de
synchroniser chacun des participants du groupe, à une rencontre
très respectueuse de ceux-ci.Le travail proposé par Arjana en
Watsu et en Wata complète parfaitement ce séjour, en allant plus
loin encore dans sa propre relation à l’eau de mer. C'est
ainsi que j'ai vu au fil des jours mon aisance en apnée
s'améliorer, la tranquillité intérieure se transformer, et comme
par hasard les dauphins accepter d’avantage de se laisser
approcher de plus en plus près.
Ce voyage, a mis mon
enfant intérieur dans une joie extrême, la rencontre avec le monde
sous-marin de la mer Rouge, ses milliers de poissons multicolores,
les coraux fantastiques, c’est comme nager dans un aquarium très
généreux ; et tout cela loin des hordes de plongeurs qui
fréquentent ces lieux magiques. Tout fut pour moi la source d'un
plaisir immense. Les mots me manquent pour exprimer toute
l'intensité de ce que j'ai vécu là-bas, mais j'avais envie de
partager un peu de ce voyage.
Frédéric et Arjana
offre réellement une façon originale et complète d'approcher les
dauphins et leur monde sous-marin. Si l'aventure vous tente
n'hésitez pas une seconde à visiter leur site Internet et à
prendre contact avec eux pour plus d'informations.
(sea-dolphin.fr). Je voudrais aussi signaler qu’il n’est pas
nécessaire d’être champion d’apnée ou de natation pour vivre ce
voyage ; il y avait dans le groupe une « jeune fille » de 70
printemps qui n’avait jamais mis un masque de plongée sur le
visage….elle aussi pu participer à la fête des dauphins !
C’est ainsi qu’un rêve
est devenu pour moi réalité.
Florent Dechoz |
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Témoignage de Florence Lagneau - Voyage
dauphin Egypte du 24 octobre 2009 (Toussaint) |
Un
Voyage Hors du commun
Touché en plein coeur par la beauté, la force, l'intelligence, le
jeu, la joie
de ces êtres majestueux les dauphins libres,
miroirs de nos âmes,
des rencontres émouvantes et joyeuses,
ils nous montrent le chemin vers le détachement,
le plaisir simple sans contrainte,
le don sans contrepartie.
Comment témoigner d'un voyage aussi rempli
qui vous emporte encore longtemps après votre retour...
Flo... |
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Témoignage de Cathy Blot - Voyage dauphin
Egypte du 24 octobre 2009 (Toussaint) |
Voyage de rêves en Mer Rouge
Séjour quasi irréel. Un voyage long jusqu'à Marsa Alam nous
prépare progressivement à accueillir du beau, du chaud à
profusion.
Les eaux bleues turquoises et cristallines font le reste ! Nous
sommes envoutés par ce décor féérique.
Premières découvertes de la faune et flore sous-marine.
Emerveillement devant cette vie harmonieuse aux couleurs
sublimes.
Une oeuvre d'art se déroule là sous nos yeux ébahis !
Nuit sous les étoiles et au petit matin, au beau milieu de la
Mer Rouge, un papillon semble danser au dessus de moi !
J'hallucine! Je frotte mes yeux, il est bien là ! Je me lève,
regarde au loin et j'aperçois les dauphins.
Le soleil se lève tout juste, le bateau ronronne légèrement.c'est
beau, c'est bon.
La cloche sonne, signal de rassemblement, les deux zodiacs se
remplissent d'explorateurs encore engourdis de sommeil.
Nous progressons vers EUX ?...Nous nous glissons dans l'eau à
leur coté, ils sont sublimes, nagent sans se préoccuper de nous,
filent et disparaissent dans le bleu envoutant.
Fred, excellent guide nous a déjà sensibilisé, nous sommes prêts
à respecter et accepter le choix des dauphins sauvages et
libres.
Les autres rencontres seront « magiques ». Peut être le temps
pour nous de lâcher prise sur nos attentes, moins d'excitation,
moins de curiosité, mais juste l'immense plaisir de se trouver
là ! Sublime rencontre avec ces « Créatures », savant mélange de
grâce, de beauté et d'espièglerie !...
Le temps s'arrête.
Sur le chemin du retour au bateau, chacun savoure en silence ces
instants quasi irréels.
Quelques jours de pur bonheur qui semblent si denses qu'on vit
des journées entières de bonheur en quelques heures !
Chacun remonte à bord avec des étoiles plein les yeux. les peaux
se dorent, les sourires s'illuminent.
Notre vocabulaire est bien limité pour exprimer nos émotions,
ressentis. Les exclamations et onomatopées font la fête !
Oh ! Waouh ! J'hallucine ! Oh Bazard ! Je n'y crois pas !...
« EN BREF.UN VRAI BONHEUR !!!» sera le mot de la fin. Le club
des « Assommés de bonheur » vient de naître !
Chacun d'entre nous est bouleversé à un moment donné par un
contact privilégié avec un dauphin.
Un regard qui traine, un frôlement, une escorte qui accompagne.
Fred est un merveilleux « homme-dauphin », il danse et vit sous
l'eau avec tant de grâce et de délicatesse.
Sur terre, il contemple nos visages qui s'éclairent au fur et à
mesure du séjour.
Toujours à l'écoute, il nous guide vers plus de respect, de
tolérance vis-à-vis des dauphins et de nous même.
Il nous fait partager sa passion et son talent pour l'apnée, des
désirs naissent, des talents éclosent, nous sommes bénis des
Dieux !.
Autant de merveilles en si peu de temps, une semaine de rêves
avec au fond du cour tous ces échanges, sourires, confidences et
puis ces larmes qui coulent en douceur au creux de la nuit.
Après chaque rencontre avec les dauphins c'est un peu plus
d'humanité qui remonte à bord.
Quel bel exemple de vie harmonieuse remplie d'amour, de joie, de
jeux et de sérénité !
Il y a parfois des rencontres qui nous aident à devenir
meilleurs.nous revenons tous grandis.
Merci !
Retour en France dans la grisaille et la pluie de l'automne.subtil
mélange de mélancolie et de joie à retrouver ses amis.
Peu importe où je suis, à l'intérieur je suis en « Bleu
turquoise » et de temps en temps, j'entends et vois passer les
dauphins sauvages. Au milieu d'eux, un homme, brillant comme un
diamant, danse.
Cathy. |
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Témoignage d'Isabelle & Marguerite sur
au féminin.com et l'internaute le 9 nov 2007 |
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Bonjour,
Nous tenions à vous faire part de l'extraordinaire semaine de
la Toussaint que nous avons passée en Mer Rouge, à la
rencontre des dauphins sauvages.
Un voyage privilégié, qui vous permet de faire une coupure
radicale avec les tracas du quotidien terrestre, et vraiment
côtoyer ces mammifères attendrissants et si harmonieux.
On découvre les dauphins dans leur lieu de villégiature, un
lagon somptueux, protégé par une barrière de corail : quelques
principes d'approche distillés par notre guide expert
animalier nous permettent de nous fondre en douceur au groupe
de 50 dauphins...c'est fantastique, leurs petits yeux
malicieux nous invitent à la danse...
Une croisière très adaptée à toute la famille (enfants qui
savent nager tout de même, à partir de 8 ans ?). Elle se
déroule au sud de l'Egypte, en partant de Marsa Alam.
Si vos enfants ne se sentent que moyennement à l'aise avec
l'eau, c'est en plus une façon idéale de leur faire retrouver
le plaisir et la confiance face à l'élément aquatique : car
outre les ambassadeurs dauphins, la mer Rouge regorge d'un feu
d'artifice d'habitants tous plus chamarrés les uns que les
autres. Possibilité de baptême de plongée bouteille.
Pour en savoir plus et voir quelques photos, voici le site de
notre guide (un vrai homme dauphin...), spécialiste des
cétacés, qui propose aussi d' autres destinations :
www.sea-dolphin.fr
Isabelle & Marguerite |
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Témoignage de Marguerite Lacoste - Voyage d'octobre
2007 |
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Un voyage initiatique…
Pour aller à la rencontre des dauphins, il faut une longue
traversée. Cette traversée, c'est une préparation à la
rencontre.
Longue descente de la mer rouge, ballottés par la houle,
balayés par le vent, comme pour secouer les miasmes de la
vie urbaine. Longue descente comme un rituel de
purification, comme pour accéder à un autre espace pour
permettre la rencontre.
Quelques immersions dans l'eau en cours de route
participent à cette purification. La mer nettoie les
scories qui ne nous appartiennent plus, elle lave les
égratignures de la vie et restitue au corps et à l'âme
leur splendeur initiale.
Cette longue descente en bateau est comme une descente à
l'intérieur de soi, comme la promesse d'une rencontre avec
notre être profond.
Enfin on arrive, prêts : sans fard, sans artifices, à nu.
Dans cette merveilleuse nudité qui permet la rencontre
authentique. Et les dauphins sont là, au rendez-vous.
Leur présence est indicible. Elle renvoie de la lumière,
de la douceur, de la légèreté, de l'espièglerie. De la
grâce et de la puissance.
Dans leur présence, on renoue avec notre insouciance
d'enfant.
Le temps s'arrête.
La rencontre est à la hauteur de la promesse… |
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Témoignage de Laurence Joannot (Gennevillier)- Août
2006 |
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Après un voyage de nuit un peu fatigant (avion et
car), enfin notre groupe de 16 (10 adultes et 6 enfants)
embarquons à Marsa Alam sur le bateau qui nous hébergera
la semaine durant.
Départ dans les eaux claires de la Mer Rouge. Mis à l'aise
par l'équipage et nos 2 accompagnateurs, Frédéric français
et Ayman égyptien, respectivement spécialistes "Dauphins"
et "Plongée", nous nous installons dans les cabines et
commençons à nous approprier les espaces communs du
bateau. Les enfants se mettent à jouer ensemble, les
adultes échangent leurs premières impressions. Après
quelques heures de navigation, le bateau jette l'ancre ;
essai des masques, tubas et palmes, et plouf ! Premiers
émerveillements "J'ai vu des poissons bleus avec des
rayures jaunes ! "Moi un bénitier !" Première nuit à bord,
une bonne partie du groupe délaisse les cabines pour
dormir sur le pont ; la nuit est si douce et étoilée !
Ambiance dortoir, on installe paréos et couvertures sur
les matelas bain de soleil, le sommeil ne se fait pas
attendre et le soleil levant nous réveille comme par
enchantement sur une mer d'huile.
Lundi, 2e jour sur le bateau. Petit déjeuner, l'ambiance
est de plus en plus conviviale. Encore quelques heures de
navigation, puis les zodiacs nous emmènent sur une petite
île déserte au milieu d'un lagon bleu vert transparent.
Les fonds sont enchanteurs, la tête tourne à toutes ces
couleurs de coraux et de poissons. Certains s'essaient à
l'apnée sous la conduite avisée de Fred, spécialiste
Dauphins et Apnée ! Encore un peu de navigation, et à la
grande joie des petits et des grands, ça y est les
dauphins apparaissent, ils bondissent autour du bateau,
nos yeux ne peuvent s'en détacher. Lorsque le bateau
s'arrête, nous n'avons qu'une hâte : réaliser Le Rêve,
aller nager avec les dauphins. On part donc à leur
recherche en zodiac, nous sommes tous aux aguets ; ça y
est, on en a repéré un groupe. On se met à l'eau, et la
magie opère : nous nageons, ils sont tout près, ils
dansent autour de nous, on repère des bébés dauphins avec
leur maman... Au dîner, où comme à chaque repas tout le
monde se régale, chacun décrit ce qu'il a vu, à quelle
distance étaient les dauphins, comment ils se
comportaient… Les sourires sont sur tous les visages. Fred
nous commente des vidéos sur les dauphins qui nous
permettent de nous familiariser encore mieux avec nos
nouveaux " voisins et amis ".
Mardi. Snorkeling (ça y est, on commence à maîtriser les
termes techniques ! Traduire par nage avec palmes, masque,
tuba) et nage avec les dauphins. Toutes les appréhensions
tombent grâce à la patience et à la sérénité de Fred ;
Sophie 15 ans ne reconnaît pas sa Maman " Il y a 2 jours,
elle était terrorisée à l'idée de mettre sa tête sous
l'eau et la voilà qui file les dauphins ! " Tout le monde
est ravi, du plus petit au plus grand. La journée est
illuminée par une rencontre inattendue : Dominique et
Jean-Luc, qui naviguent dans les différentes mers de
l'hémisphère nord depuis 10 ans ! Ils nous proposent de
visiter leur voilier " Ali Baba ", les enfants découvrent
une autre manière de vivre… Jolie ouverture sur le monde.
Le soir, fête improvisée sur notre bateau ; Jean Luc a
apporté une bouteille de vin de Crête d'un de leur dernier
périple, Dominique son accordéon, les membres de
l'équipage ont sorti le djembé, on chante, on danse, on
rit, on échange nos expériences de voyages, de navigation,
de plongée… Des tranches de vie se dévoilent, notre groupe
prend vie.
Mercredi. Départ pour un récif spécialement adapté à la
plongée sous-marine. Dans le groupe, 2 adultes ont déjà
leur premier niveau de plongée. Pour tous les autres :
grande journée ! Baptême de plongée en bouteille pour ceux
qui le souhaitent, c'est-à-dire… tout le monde y compris
notre benjamin Kevin dit " Doudou " 8 ans. Nos deux
accompagnateurs eux-mêmes plongeurs de haut niveau nous
expliquent le matériel, les gestes, la sécurité ; on se
sent en confiance avec eux. Après les baptêmes, retour sur
notre lagon d'origine. Deux inconditionnelles se
perfectionnent aux techniques de l'apnée sous l'œil
attentif et bienveillant de Fred, très doué pour apaiser
et mettre en confiance. L'apnée se révèle une grande
source de bien-être. Le soir, c'est dîner de gala ! Suivi
d'une soirée vidéo cette fois sur la faune et la flore
environnantes, commentée par Aïman notre accompagnateur
égyptien amoureux de sa Mer Rouge ; qui l'en blâmerait !
La soirée se termine sur une partie géniale de sauts et de
plongeons depuis le bateau ; tout le monde s'en donne à
coeur joie !
Les jours de la semaine passent trop vite : nouveaux
récifs, fonds toujours plus magnifiques, visite d'épaves,
dauphins, nage, snorkeling, plongées, plongeons… On
retourne doucement vers Marsa alam. Vendredi, on passe
dans le port de Marsa alam notre dernière nuit sur le
bateau. Elle a un goût de fin de colo…
Samedi matin, dernier transfert en zodiac, cette fois vers
la terre ferme. Le car nous emmène de Marsa alam à
Hurghada où nous passons l'après-midi et la soirée jusqu'à
3 heures du matin, heure de notre transfert pour
l'aéroport. La transition est brutale, ces dernières
heures sont terribles ; Hurghada n'a pas d'âme, l'hôtel
est une grande structure bruyante et grouillante, la plage
est petite et polluée, nous ne nous sentons pas
accueillis... Après avoir été choyés sur le bateau, nous
ressentons ces dernières heures comme autant d'agressions
visuelles, auditives, olfactives… Vite vite à l'aéroport,
pour pouvoir rattraper, pendant les quelques heures qui
nous séparent encore de Paris, toutes les merveilleuses
émotions que nous a procurées cette magnifique croisière
en Mer Rouge avec les Dauphins. |
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Témoignage de Catherine Peria (Paris) - Sept 2006 |
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C'est après un voyage aux Açores pour rencontrer mes
premiers dauphins et au bout d'une année aride et
difficile, uniquement éclairée par les grands yeux bleus
de mon petit neveu et ceux verts amende de mon chat, que
nos amis dauphins semblent m'avoir donné à nouveau
rendez-vous ; ils n'avaient, à vrai dire, jamais quitté
mon cœur ni mon esprit et je comptais bien les retrouver
un jour. Via internet, c'est " Nager avec les dauphins "
que je choisis d'emblée. Il me semble retrouver, à travers
les lignes de présentation du site " Sea Dolphin ", le
même amour, la même passion, le même instinct protecteur
qui m'avaient bouleversée aux Açores. C'est signé, c'est
payé, je pars… Je croyais savoir ce qui m'attendait, je ne
savais pas à quel point je ne savais rien !
Plusieurs heures de navigation sont nécessaires pour
mettre le plus de distance possible entre nous et notre
vie d'avant le départ. Nous somnolons, bercés par le
roulis, conquis par la tiédeur du vent du nord.
Quand soudain, l'animation revient sur le bateau. A ton
signal, toi le charmeur de dauphins, nous nous sommes
précipités contre la rambarde : dauphins à bâbord ! En
fait, je ne crois pas que tu aies dit " bâbord " ; nous
n'avons eu qu'à suivre ton regard. Les nageoires dorsales
brillantes et les petits becs ronds roulent sur les
vagues, ils nous suivent un moment. Ça me reprend ! Ma vue
devient floue, mes yeux s'embrument… Je les retrouve tels
que je les avais quittés, je suis au rendez-vous. Je
fonds, je voudrais les serrer dans mes bras.
Les jours suivants, amarrés au lagon enchanté, nous sommes
à leur poursuite, pensons-nous ; ce sont eux qui nous
possèdent. Ils décident de tout, de se donner ou de se
cacher, jouant sans le vouloir avec nos émotions. Ils nous
narguent, nous toisent ou nous ignorent.
Un jour, je suis l'élue ! Comme jamais je n'aurais osé
l'imaginer ! L'un d'eux me lance un regard intéressé qui
semble vouloir dire " Viens jouer avec moi ! ". Je ne me
fais pas prier. La seconde qui suit, j'ai l'impression de
me faire bousculer, chahuter, je suis serrée de près. Une
nageoire caudale manque de m'emporter le bout du nez ! En
me frôlant encore, il me montre son joli ventre blanc qui
brille dans la lumière. C'est le bonheur !
Le lendemain, c'est quelqu'un d'autre qui est choisi :
crise de jalousie ! D'ailleurs, à ce propos, Fred, c'est
très " énervant " de te voir descendre les rejoindre chez
eux, comme l'un des leurs, avec la grâce infinie d'une
naïade, pendant que nous autres nous restons scotchés à la
surface comme des mouches au plafond !!... Je mesure
alors, sans me faire d'illusion, tout le chemin qu'il me
reste à faire pour que la joie de la rencontre se
transforme un jour en véritable communion, complicité,
harmonie, imitation, langage commun… On en a rêvé, tu l'as
fait !...
Après avoir cru un instant faire partie de leur famille,
après avoir cru être emportée, kidnappée par eux, moi je
n'aime pas les voir partir malgré le spectacle sublime
qu'ils nous offrent lorsqu'ils disparaissent dans le bleu
profond, comme des ombres silencieuses. Peut-être ne
seraient-ils pas contre… mais nous ne pouvons pas suivre.
Les derniers jours, j'ai compris que c'était à ce moment
précis qu'il ne fallait pas céder au découragement, qu'il
ne fallait pas se laisser berner par leur provisoire
abandon. A ton exemple, après avoir observé la qualité de
ton approche, j'ai tenté, à mon petit niveau, de t'imiter
:
1) si on a perdu de vu nos fantasques amis, chercher Fred.
C'est facile, c'est la seule tête non pourvue d'un
appendice en plastique. Les dauphins ne sont certainement
pas loin,
2) palmer, palmer encore, palmer toujours, doucement, sans
éclaboussure, sans se fatiguer, sans se lasser, en
direction des petites nageoires qui sont plus proches
qu'on ne le croit.
Et ça paye ! Je les vois revenir comme ils sont partis !
Je croise à nouveau leur route, plusieurs fois, ils
s'éloignent, ils se rapprochent, m'encerclent et en un
instant je suis au milieu de dizaines de sourires
bienveillants et enjôleurs ; ils tournent, à m'en faire
perdre le nord…
D'autres fois, les voir passer lentement en dessous de
soi, à quelques mètres seulement, procure une paix qui
n'est pas passagère. Leur silence couvre même le clapotis
des palmes.
D'où leur vient ce mystérieux pouvoir qu'ils ont sur nous.
Pouvoir de nous fasciner, de nous inspirer le désir de
communier avec eux, pouvoir de nous transformer ou tout
simplement de nous rendre meilleurs ? Pouvoir qui leur est
universellement reconnu et que nous parvenons si mal à
définir.
Une réflexion d'Ayman : lorsqu'il s'agit d'aller voir les
dauphins, il règne toujours sur le bateau une harmonie,
une solidarité, une joie et une gentillesse qui font
parfois défaut aux autres groupes embarqués pour des
croisières-plongée.
Au-delà de l'emblème mystique " peace and love ", new-âge
et compagnie, tu nous as fait découvrir que les dauphins,
eux aussi ont leurs amours, leurs guerres, leur violence,
leurs petits et gros défauts, leurs comportements
bizarres. Eux aussi sont immergés dans une " jungle " qui
ne pardonne pas. Mais, dans le fond, ça ne change rien. Ça
ne change rien à l'attirance mutuelle qui nous lie, eux et
nous, à ces sentiments partagés qui ne demandent qu'à
conquérir, qu'à grandir, dans le plus grand respect l'un
de l'autre. Est-ce leur beauté, leur sourire (parfois
trompeur), leur curiosité, leurs performances, leur
intelligence sensible, dont nous ne connaissons pas les
contours, qui leur valent une place à part dans l'histoire
du monde ? Peut-être, et certainement beaucoup d'autres
choses encore…
Pour ma part, je peux en mesurer les effets dans ma vie.
Non pas que je les considère comme des thérapeutes, j'ai
trop de respect pour eux, je les aime trop pour les
affubler d'une telle appréciation égoïste et réductrice,
mais en suivant leur " fil conducteur " (ça c'est de toi),
j'ai la certitude d'être conduite sur un chemin qui ne
peut m'apporter que bonheur et bienfaits.
Je me garde souvent d'avoir une vision trop romantique des
choses, mais après tout : je suis partie de loin, ou
plutôt lorsqu'ils sont venus me trouver, j'étais très loin
derrière. Serait-ce pour m'emmener très au loin ?... |
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Article
paru dans le Nouvel Observateur octobre 2006 - Par
Dorane Vignando |
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Un rêve de gosse…
Un trait de violent rouge à lèvres barre le grand large.
Face à lui, Hurghada scintille. La station balnéaire pour
touristes-plongeurs exhibe en grande pompe ses hôtels,
boutiques de souvenirs et usines restauratrices. Mais dès
l'aube, cap à trois cent kilomètres entre mer et désert,
direction Marsa Alam, petit village de pêcheur face à la
mer rouge. Au bout d'un ponton, le nom du bateau se
détache d'une coque blanche rouillée d'écume. Embarquement
immédiat. Une petite heure de navigation et première
escale au carré pour déguster un buffet quatre étoiles. On
papote, prend ses aises. Tout d'un coup, ça siffle fort
sur le pont. Frederic Chotard, guide animalier-apnéiste se
dresse comme un ressort. " Ils sont là ! vite ! ". Pas le
temps de finir sa bouchée que l'on se précipite à l'avant.
Les cinq marins présents ont le sourire carnassier. Fausse
alerte ! C'était juste pour voir notre temps de réaction
si jamais " ils " apparaissaient.
Qui ? Ces mythiques amis des hommes, ces valeureux
chevaliers des mers, ces magiciens d'eau sujets de tant de
rêves de gosses ; les dauphins. " Nagez avec les dauphins
sauvages en mer rouge ", lit-on sur la brochure. On était
quelque peu sceptique face au programme. Les dauphins
jusque là, c'était Flipper où de drôles de clowns exhibés
dans les delphinariums tropicaux. Ici, le ton est donné :
pas de voyeurisme à la sauce Disneyland. Six jours de
croisière tranquille entrecoupée de " rencontres
interactives " avec les cétacés et d'explorations
sous-marines.
En attendant, nous replongeons dans la fraîcheur du carré,
le temps d'absorber la sueur. Ca re-siffle. Bonne pêche,
ils sont là ! Une quarantaine de dauphins à " longs becs "
surfent le long du bateau . Direction manu militari à
l'arrière, enfilage des palmes, masque et tuba avant de
grimper à l'assaut du zodiac qui se transforme en radeau
de la méduse. On pagaie rapidement en direction des
petites touches argentées qui fendent l'eau. Plongée
toutes bulles dehors, observation fébrile à 360° : … Ils
ont tiré leur révérence à la vitesse d'un hors-bord !
L'oreille au large, l'œil sur le bleu, on reprend son
souffle. A trois brasses coulées, un photographe sous
marin professionnel shoote une silhouette immobile au fond
de l'eau qui exhibe une monopalme jaune fluo. A quinze
mètres de profondeur, Fred Chotard semble faire une séance
de tai-chi en apesanteur sans autre oxygène que celui de
ses poumons. Le voilà qui roule sur lui même, ondule et
souffle de gros cercles d'air dans lesquels il passe son
abdomen.
De Madagascar aux Bahamas en passant par la Floride il a
passé plusieurs années à exécuter vrilles et loopings
auprès des mammifères marins. Et n'a cessé de franchir cet
autre monde, adorant l'eau salée qui gerce la peau, les
embruns qui poissent les cheveux et cette sensation
paradoxale " de monter au fond " lors de ses descentes.
L'homme revendique une démarche artistique, une gestuelle
aquatique : " Depuis un demi siècle, nous avons étudié ces
animaux depuis des bateaux, en delphinariums, avec des
écouteurs sous marins, mais rares sont les études faites
sur les dauphins sauvages en utilisant les même outils
qu'eux, telle l'apnée ".
Justement, les voilà qui reviennent en rang compact avec
puissance et grâce. Il faut se vider les poumons, glisser
doucement dans l'aquarium de la Grande Bleue, voir l'image
de l'horizon se brouiller une dernière fois dans le
masque... Ils sont là, à trente centimètres, quarante au
plus exhibant leur ventre de lune. " Essayez d'avoir des
mouvements lents, ne battez pas trop des palmes et ne
tenter pas de les toucher, on apprend souvent plus à
regarder " a prévenu le spécialiste. Excitation oblige, vu
du dehors, nos mouvements doivent plutôt s'apparenter à un
ballet de phoques, même si l'on tente de faire attention à
sa laideur gestuelle. Un peu crispés, un peu gauches, les
mains sagement rangées le long du corps, le bruit des
ultrasons électrise et rend la mer bavarde. On serpente,
louvoie à côté de petits yeux ronds qui vous scanne, la
tête de côté comme s'ils vous interrogeait du regard. Ils
jouent, virevoltent, bondissent et donnent des coups de
queue aux nuages. Vous frôlent puis s'esquivent dans une
cabriole sur la gauche, tournoient deux ou trois fois sur
eux mêmes dans une lumière de cathédrale. Rien de frontal,
tout va par courbes, glissades, oblicités. Plus de
perspective, plus de sens de l'en haut et de l'en bas.
Toucher à peine, suivre le rythme et saluer la légèreté de
cette grand messe tourbillonnante. On nous avait prévenu
que l'expérience provoquerait les yeux humides. |
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Témoignage de Marie Albertini (Cannes) - Avril 2005 |
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La réalité a été plus belle que le rêve!
Dans les turquoises de la mer rouge j'ai été touché par
les dauphins. Ils ont touché mon coeur et mon âme de leur
grâce et leur amitié.
Le spectacle est magnifique et la rencontre un vrai cadeau
de la vie. Une véritable magie de se laisser conduire par
Frédéric le guide de ce miracle : NAGER AU MILIEU DE
CENTAINES DE DAUPHINS.
Une croisière à faire et à refaire pour vivre des émotions
que nous n'oublierons jamais. |
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Témoignage de Amelle Drid - Sept 2003 |
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Salut Fred,
Je viens de lire ton résumé de notre commune épopée !
Lorsque l'émotion est forte, trop forte, la mémoire
s'efface comme pour ne laisser que l'émotion faire
surface, sans les images !
En relisant ton écrit, j'ai revécu à travers ma mémoire et
des images retrouvées, nos différentes rencontres avec nos
chers dauphins ! Et pour cela je te remercie de tout coeur
! Merci d'avoir pris un peu de ton temps pour cette ultime
mais fabuleux dernier cadeau! Je n'aurais plus peur de ma
mémoire et je n'aurais plus peur d'oublier ! Il me suffira
de te relire ! Plus que cela merci d'avoir su avec passion
nous faire partager ton amour des dauphins ce qui nous a
permis nous même d'approcher les dauphins avec passion et
respect même si tu le sais la tentation d'entrer en
contact physique avec eux était parfois trop forte au vu
de l'intensité de la complicité sur le moment ! Je leur
fais confiance et je sais qu'ils ne se laisseront pas
approcher par des personnes mal intentionnées!
En tout cas les dauphins me manquent énormément !
Je me surprends parfois à pleurer de tristesse ou de joie,
je ne sais trop ! Sûrement un mélange des deux !
L'ensemble de cette aventure restera gravée en moi à
jamais !
Je pensais que la réalisation d'un rêve serait aussi la
fin de celui-ci! Mais j'avais tort ! le rêve continue mais
il est encore plus doux et plus intense puisque la réalité
des émotions en mer a dépassé le rêve lui-même. Merci à
toi, à tout le groupe et à l'univers tout entier d'avoir
partagé ce rêve !
Passionnément
Amelle |
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Témoignage de Martine Hess (Alpes Martimes) - Juillet
2003 |
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Instant 1 : " Le voyage " à la manière de " Géo "
Les belles choses se méritent pensent les grands
voyageurs.
Le voyage en minibus qui nous conduit au sud de la Mer
rouge laisse présager des instants fastueux. Route
rectiligne, mer à babord, désert à tribord. Une rive
griffée de bâtiments qui hésitent entre construction ou
destruction.
Et la mer turquoise qui s'étire insensible au soleil de
feu.
Le bateau blanc est là, nous prenons possession de nos
cabines puis nous naviguons vers le Lagon
La caresse de l'air réveille les voyageurs engourdis de
chaleur.
Chacun cherchant sur la surface de l'eau ce que leurs
rêves ont tracé. Mais la nature a l'imagination infinie :
turquoise précieuse, aigue-marine profonde et améthyste
diaphane sont posées sur l'eau, joyaux réservés au seul
plaisir des yeux.
Les moteurs ralentissent : le lagon aux courbes pastel
s'arrondit autour de nous.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire chacun est
prêt pour aller à leur rencontre : Dauphins…et le rêve se
réalise. Ils sont là, venus d'un ailleurs ignoré des
hommes.
Interaction disent-ils, mais aussi rencontre d'un autre
type où chacun y met son âme et son cœur. Dansez avec les
dauphins, nagez comme vous voulez, laissez vous enivrer
par leur ronde et communiez avec eux dans la grand-messe
de l'air inspiré puis plongez dans les profondeurs
marines. Laissez-les s'éloigner pour mieux les regarder
venir à vous et croiser leur regard rond de douceur, de
curiosité ou d'indifférence.
Vous êtes dans le film, vous êtes passés de l'autre côté
du miroir. Mais chut ! ne le dites pas à tout le monde…
Instant 2 : " Le réveil " à la manière de San Antonio
Dauphins ! Dauphins ! hurle le 1er levé sur le pont du
bateau.
L'insomniaque de service réveille les somniaques.
La population du bateau se voit dans l'obligation de
quitter sa couche. Chacun achève de se refringuer et
accourt en direction du sonneur.
" j'vous dit que j'les ai vus " et tous de mater la
surface de l'eau aussi plate qu'une sole beurre blanc.
Les plongeurs de " eau "-vol se baffrent fissa-fissa de
biscuits secs et d'expressso. Plein les bas-joues. C'est
ce qui s'appelle tremper le biscuit, hein !
Hommes, femmes et enfants se jettent dans le zodiac qui se
prend un court instant pour le radeau de la Méduse - Greg
atterrit avec l'élégance du phoque dans le ballet " j'vais
rater la marche " chorégraphié par la Pietragala après un
stage de Hip-Hop.
Chacun essaie de glisser dans l'eau avec la grâce qui lui
est propre. Free-style diraient les pro ; une bande
d'otaries qu'aurait fumé du pschitt dirait Béru.
Et puis le miracle : les corps en apesanteur cèdent à la
magie du lieu " cède toi le ciel cédera " et c'est la mer
qui a cédé aux hommes ses dauphins.
Chercher les mots dans la pensée de San Antonio, pour
évoquer cette magie, c'est maso mais c'est rigolo (note de
l'auteur).
Avez-vous déjà regardé le monde à travers des lunettes de
plongée aux verres de bonheur ? Les corps s'étirent comme
un champ d'algues quand la lame de fond va et vient en une
caresse infinie.
Chacun ondule du valseur mais les dauphins sont les
danseurs-étoile de ce ballet. Seul l'homme à la palme
jaune peut rivaliser avec les cétacés.
Les dauphins ramènent le groupe dans le monde du réel (
ouais du sexe !), le prince des mer ne perd pas de temps
en bla-bla préalable et se hâte de rentrer dans le vif du
sujet
- sujet dauphine - indifférent aux voyeurs médusés qui
l'envient. Il vaut mieux une petite qui frétille qu'une
grosse qui roupille a dit un philosophe dauphin. Et la
gente cétacé s'en donne à " cœur " joie.
Les dauphins avec l'indifférence d'une grande duchesse
tirent leur révérence et les nageurs grimpent à l'assaut
du zodiac avec la même élégance qu'à l'aller. Les boudins
gris, écrasés sous la charge, retiennent leur souffle
jusqu'au bateau.
Instant 3 : Défilé de poissons à la manière d'un "
reporter de mode "
Le silence pour seule musique, c'est ce qu'a choisi cette
saison le grand " Créateur ". Toujours fidèle à son rêve
de liberté il laisse ses modèles se mettre seuls en scène.
Un florilège de motifs, des textures dont il a seul le
secret, des couleurs dans une palette unique ( même le
noir et blanc sont couleurs entre ses doigts)
Faire danser dans le silence le plus bel anti-défilé qui
soit, il est seul à savoir le faire.
Jamais de toc, tout est vrai : du corail le plus délicat à
la coquille la plus lourde, chaque accessoire s'accroche
au meilleur endroit pour mettre en valeur la courbe d'un
silence.
Depuis la nuit des temps, le made-in-nature sait se
renouveler sans jamais lasser. Le monde entier est son
terrain de jeu, pour notre plus grand bonheur.
Instant 4 : " île déserte " à la manière de Khôlanta
Les 2 équipes débarquent sur le même îlot vierge, mais ce
soir pas de compétition.
La production a choisi d'offrir aux participants un moment
de répit sur la terre ferme.
L'équipe des noirs qui a gagné le feu le partage avec
l'équipe des blancs pour allumer la flamme qui va cuire
leur repas.
Les bernard-l'hermite occupent la plage avec les oiseaux
et signalent leur déplaisir de voir leur île envahie.
Un cri déchire le silence : un des participants ne
supporte plus la douleur lancinante qui déchire son ventre
: J'AI FAIM ! Jamais, plus bestial hurlement n'a retenti
sur ce rivage : les oiseaux se taisent, les
bernard-l'hermite se rangent dans leur coquille.
En vain tous cherchent dans le ciel la casserole de la
grande ourse, mais elle est désespéramment vide. Chacun
entoure le souffrant de sa tendre amitié, mais rien n'y
fait, seul la bouche pleine fera taire la douleur.
L'équipe des noirs improvise une danse tribale rejointe
par quelques blancs. La trêve prend fin, le retour au
bateau se fait sous la lueur d'une lune devenue réverbère.
Instant 5 : " Rencontre France-Italie " à la manière de
l'Equipe
Les français ont choisi de jouer cette rencontre à fond
Les tribunes flottantes se remplissent : 2, 3 et bientôt 4
bateaux assistent à la rencontre.
Les français occupent les premiers le terrain, mais sont
très vite rattrapés par les italiens.
Pas question pour le groupe de galvauder l'interaction,
pas question d'en garder sous la palme. Pas question de
tourner le dos à une chance inestimable : les dauphins.
Combien d'écailles vont-ils y laisser dans cette aventure
? Il faudra gérer les efforts et être les plus solides
tactiquement pour gaspiller moins de forces.
Ce que le règlement de la mer interdit, les italiens se
l'autorisent. Aucune concession, les italiens sont
prenables, les français ne font pas fait de complexe. Plus
serein, le groupe réussi plusieurs interactions de grande
qualité ( filmés par la caméra de Stéphane). Chaque
rencontre marque les progrès importants du groupe
tricolore.
Le retour dans les vestiaires se fait sourire aux lèvres.
Nous reviendrons !
Instant 6 : Une table 4 étoiles (de mer), à la manière
de " Cuisine et Vins de France "
Si vous faites abstraction de la tenue plutôt légère des
convives, vous trouverez tout ce qu'il faut de délicieux
pour ensoleiller l'humeur, sur les banquettes.
Sans rien lâcher de son talent, et sans abandonner sa
culture orientale, le chef dans sa cuisine minuscule
prépare des repas majuscules.
Habillé de bois verni, à la façon des navires de jadis, le
carré nourrit les rêves, et calme les appétits en offrant
de petits bonheurs simples ( crêpes, volaille fessue en 10
versions, frites maison, salades aux couleurs
impressionnistes …).
Et pour apaiser la bouche salée d'eau de mer des convives,
le chef chorégraphie autour de l'orange, le melon, la
pomme et la banane comme une valse fruitée.
Avec un service orchestré par une odalisque au sourire
irrésistible.
Un bel écrin pour une cuisine perle rare.
Instant 7 : " Les dauphins d'abord " à la manière de
Georges Brassens
Non ce n'était pas le radeau
de la méduse ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports(bis)
Il naviguait en père peinard
Sur la mer rouge des jobards
Et s'app'lait les dauphins d'abord
Les dauphins d'abord.
C'étaient pas des amis de luxe
Les p'tits Nicolas et Paulux
Des gens de Nice et d'Andorre(bis)
C'étaient pas des amis choisis
Par Edwige et par le Freddy
Dans le ventre ça gargouillait fort Les dauphins d'abord.
C'étaient pas des anges non plus,
L'règlement ils l'avaient mal lu
Mais ils plongeaient toutes bulles dehors(bis)
Jean-Pierre, Didier et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo leur confiteor
Les dauphins d'abord.
Au rendez-vous des bons copains,
Y'a jamais eu un seul lapin
Nicolas, Camille et Paulo(bis)
Des sauts ils en ont fait beaucoup
Les trois ils ont tenu le coup
Ils n'ont jamais viré de bord(bis)
Naviguaient en frères peinard
Sur la mer rouge des jobards
Et s'app'lait les dauphins d'abord (bis)
Instant 8 : Lever de soleil à la manière de Christian
Bobin et autres romantiques
" Ils ne sont pas là " lâche d'une voix douce l'homme
appuyé au bastingage.
Tandis que l'enfant sort doucement du sommeil ; Elle,
cherche à ouvrir les yeux sur une mer acier.
L'instant est immobile : le ciel pâle, d'une nuit blanche
passée avec la lune.
La mer diaphane réfléchit à la lune et lui jette ses
derniers effets. Soleil et lune à l' instant réunis,
inexorablement s'écartent, pour mieux se rejoindre demain.
Lui, ne quitte pas des yeux la surface de l'eau, il sent
qu' " ils " ne viendront pas.
Elle, accroche son regard sur la surface couleur de métal
: elle sait toute la vie qui s'y trouve, elle n'a plus
peur de ce monde humide et chaud comme le ventre d'une
mère.
L'enfant s'est levé ; la mer a suivi son mouvement .
" Ils " ne sont pas venus…
Instant 9 : avec l'aide de Philippe DELERM "1ère gorgée
de bière et autres plaisirs minuscules " à déguster
lentement
La 1ère gorgée de bière est la seule qui compte. Les
autres, de plus en plus longues, de plus en plus anodines
ne donnent qu'une abondance gâcheuse...
Mais la 1ère gorgée ! Gorgée ? ça commence bien avant la
gorge. Sur les lèvres déjà cet or mousseux, fraîcheur
amplifiée par l'écume, puis lentement sur le palais
bonheur tamisé d'amertume. Comme elle semble longue , la
1ère gorgée ! On la boit tout de suite, avec une avidité
faussement instinctive…le bien-être immédiat ponctué par
un soupir, un claquement de langue, ou un silence qui les
vaut ; la sensation trompeuse d'un plaisir qui s'ouvre à
l'infini…
En même temps, on sait déjà. Tout le meilleur est pris. On
repose son verre, et on l'éloigne un peu…On savoure sa
couleur, faux miel, soleil froid. Par tout un rituel de
sagesse et d'attente, on voudrait maîtriser le miracle qui
vient à la fois de se produire et de s'échapper…
Et dire que le serveur Egyptien a failli nous la gâcher
cette 1ère gorgée : trop de mousse !
Qu'importe nous en avions tant rêvé que nous avons
pardonné ce sacrilège à l'impie.
Instant 10 : à la manière de Martine
Pour inscrire dans ma mémoire ces instants uniques, il
fallait que je les note.
Ces pages clin d'œil sont pour vous tous parce qu'ensemble
c'était : amical, amusant, chaleureux, bon vivant,
tonifiant, hors du temps … Mes grands fils diraient Méga
géant super cool.
Et comme le fait le moniteur de plongée : j'arrondis
l'index et le pouce, les 3 autres doigts levés et je vous
salue de toute mon amitié.
Martine, Didier et Paul |
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Témoignage de Laure Roges (19 ans) partie nager avec
les dauphins en Juillet 2003 avec sa famille |
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"Une semaine à ne vivre que pour la mer. La nuit,
dormir sur le pont et se sentir bercée par ses flots. Le
matin venu, ouvrir les yeux sur elle, et immédiatement
scruter sa surface pour tenter d'apercevoir un dauphin.
Les dauphins. Nager quelques secondes à leur côté permet
de se donner l'impression d'appartenir un instant à leur
monde. Pourquoi vouloir faire partie de ce monde plutôt
que du notre ? Peut-être parce que parmi eux, tout ne
semble que douceur, rire, jeux, amour, curiosité et
sensualité. Sans doute cela n'est-il pas totalement le cas
; mais la perspective de l'existence d'un monde si éloigné
de la haine, de la colère et de la bêtise humaine est
assez attrayante pour que l'on s'y accroche.
Sous la mer. Passer l'essentiel de son temps sous l'eau
et, dès qu'on en ressort, n'avoir qu'une seule idée en
tête : y retourner. Car je trouve qu'il existe un instant
magique, dans les plongées en apnée. Entre le moment où
l'on plonge et celui où on commence à manquer d'air, si
l'on parvient à se relaxer totalement et à faire
abstraction de notre corps qui sous peu réclamera sa
bouffée d'oxygène, on entre, pour une fraction de seconde
mais qui peut sembler une éternité, dans un état unique :
On se sent aussi léger que l'eau, en totale harmonie avec
le monde qui nous entoure, et totalement en paix avec
soi-même.
C'est un état de sérénité que je n'ai jamais ressenti
ailleurs que là-dessous.
Je me dis aujourd'hui qu'Enzo avait raison : on est bien
mieux en bas.
Le rêve. La possibilité de réaliser ses rêves n'est pas
donnée à tout le monde, et je sais que j'ai eu énormément
de chance ; j'en suis infiniment reconnaissante.
Il est très difficile de s'éveiller, une fois le rêve
terminé. Comme tous les rêves, il semble irréaliste, mais
le goût de sel qui me reste dans la bouche est là pour
témoigner du fait que tout a bien eu lieu, mais aussi pour
rendre la réalité après le rêve un peu fade et sans
saveur, le temps de s'éveiller complètement. Je sais
cependant que c'est ce petit goût de sel qui me tiendra
chaud cet hiver, comme une étoile scintillant tout au fond
de moi.
Je viens de vivre ce qui est sans doute la plus belle
expérience de ma vie. Je ne sais pas si j'en ai assez
profité, mais je sais en revanche que lorsque j'ai vu les
Sirènes pour la première fois, l'eau salée qui a empli mon
masque ne provenait pas de la mer qui m'entourait, mais
bien de mes propres yeux." |
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Témoignage de Béatrice Zeppilli, Voyage du 10 mai 2003 |
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... de bulles et d'évent...
... la première fois...
Cric... cric... cric... Un petit bruit de crécelle
chatouille mes oreilles alors que je viens juste de
plonger. Il a été précédé de la vision de nombreux petits
ailerons fendant la surface de l'eau comme des lames de
rasoir... J'étais aux aguets, les yeux plissés fixant
l¹horizon et guettant la moindre ondulation de la surface
de l'eau. L'excitation est à son comble... et en même
temps, une sensation de sérénité se fait en moi... je les
savais à proximité et lorsqu¹ils sont arrivés, mon coeur a
bondi de joie, mais d'une joie si sereine, si inespérée,
et pourtant attendue depuis tant de décennies... La
patience a eu sa récompense, et moi le plus beau cadeau du
monde: ils cliquètent et de leur évent sort un petit
chapelet de bulles. Je palme vers eux, en douceur, les
bras en avant, les mains tendues comme dans une
prière...en essayant de les rejoindre à quelques mètres de
la surface... Leur caudale a l'air de me dire
³rattrape-nous si tu le peux! Mes mouvements de palmes
sont bien modestes comparés à l'aisance suave de leur
nage, qui met en valeur l'élégance de leur corps aux trois
couleurs, blanc pour le ventre, puis une grande ligne gris
perle, et enfin, le gris métallique du reste du corps. Et
soudain, c'est la récompense : ils vont et viennent à
proximité, me font face, et s'échappent à la seconde où je
crois capter leur attention. Ils me disent qu'ils m'ont
examinée de la tête aux pieds, m'ont scannée, et vu mon
coeur qui battait pour eux. Ils jouent entre eux,
soulèvent d'un coup de rostre gracieux les petites méduses
mauves, ravissantes, transparentes ... Il y en a des
centaines autour de nous, je les frôle, mais elles ne sont
pas urticantes. Je ne sais où donner du regard, dix,
vingt, trente dauphins et plus, là, au-dessous de moi, sur
le fond de sable blanc ...Ils forment un tapis mouvant,
volant dans le bleu intense, transparent, qu'ils fendent
avec une grâce inouïe, ils sont les danseurs étoiles de la
mer... Ils virent et évoluent à toute vitesse, n'arrêtent
pas de se frôler, de se taquiner, simulant des
accouplements en se frottant ventre à ventre... Les jeunes
restent sous leurs mères, et ne s'approchent pas trop...
Je perçois leurs cris, c'est leur façon de communiquer
entre eux, et c'est une vraie musique live... J'en ai
tellement entendu dans des documentaires, mais c'est tout
autre chose ici et maintenant. Mon coeur un peu calmé,
j'essaie de m'approprier un groupe d'entre eux, car à
nager à droite et à gauche, je n'en capterai aucun! Je
plonge en essayant de les suivre... Et voilà que le
miracle s'accomplit: trois d'entre eux s¹approchent tout
prés de moi, m'entourent et c'est un festival
d'ondulations fulgurantes, je les ai partout dans mon
champ visuel. J'entre dans leur jeu et je tourne sur
moi-même aussi vite que possible pour accompagner leurs
voltes sous-marines. Ils aiment ça, et nous jouons
ensemble, comme des enfants que nous sommes dans un manège
sous-marin à donner le tournis! Un quatrième vient nous
rappeler à l'ordre en semant le désordre, comme s'il était
jaloux de nos jeux, et tout le monde s'égaye en plongeant!
J'enlève mon tuba car j'ai tellement envie de leur
sourire... et j'ai la naïveté de croire qu'ils vont
comprendre mon sourire! Assez joué me font-ils
comprendre...ils vont voir un peu plus loin si le jeu
n'est pas plus passionnant avec Frédéric ou Vincent, qui
sondent tellement mieux que moi!
J'en suis un qui a l'air empêtré par un morceau de
plastique noir (que fait-il ici, au bout du monde!);
vivement, il secoue son rostre de droite à gauche, comme
pour s'en débarrasser... Mais non, d'un petit coup de bec
agile, il le pose sur son aileron droit, nage un instant,
traînant le plastique, puis reprend son jouet et
recommence son manège; c'est comique de le voir s'amuser
ainsi!
Mais le bonheur est de nouveau près de moi, à ma droite,
presque contre mon corps : il, ou elle, me regarde, et je
rencontre ce petit oeil brun, plein de malice,
d'intelligence et de curiosité. Je sais que nous nous
regardons, et c'est ça la magie du dauphin: l'échange
existe bel et bien et il se passe quelque chose de très
fort entre nous; quelque part, nous nous retrouvons, lui
dans son milieu naturel, moi dans le liquide amniotique
dans lequel je devais me trouver aussi délicieusement bien
qu¹en cet instant purement magique, surnaturel... Suis-je
en train de renaître à moi-même? Je ressens une joie
ineffable à recevoir ce cadeau unique: il a toléré ma
présence et a bien voulu me reconnaître en être humain
venu troubler sa tranquillité. J'ai remarqué des rayures
sur sa peau, à la hauteur de la tête... cinq petites
rayures qui m¹intriguent... mais elles me réservent une
surprise!
J'admire le dessin du sourcil marron qui part du bec et
vient cerner l'oeil comme le mascara d'une belle
andalouse! Le bec est long et fin, avec cet indéfinissable
sourire que nous lui attribuons, bien que nous sachions
qu'il y a dans ce sourire quelque tendance à
l'anthropomorphisme dont nous avons tant de mal à nous
défaire lorsqu'il s'agit de cette créature mythique qui
enflamme notre imagination...
... une autre fois ...
Passées les heures de nage avec eux, - de 6 heures et demi
du matin jusqu'à ce qu'ils nous quittent pour la nuit et
jusqu'à quand?- je me sens plus sereine et prête à jouir
totalement de ces instants intensément vécus, à
emmagasiner les sensations profondes, magiques, à être de
plus en plus proche d'eux, à me concentrer totalement sur
l'observation, l'admiration infinie pour ces
créatures-divinités de la mer... Ce miracle de nous
laisser, nous humains, les approcher, sans crainte
semble-t-il... Et l'incroyable se produit: mon compagnon
-ou ma compagne- de l'autre jour vient de nouveau me
rendre visite... Toujours à ma droite, et que vois-je :
les petites rayures sur le côté de la tête, celles de
l'autre jour, à n'en pas douter! Donc, il, ou elle, a bien
choisi de me rejoindre! J'avais posé la question des
rayures à Frédéric : ce sont des traces de petits coups de
dents qu¹ils se donnent en jouant, et leur peau, très
fragile, en garde les traces. L'hypothèse de la
coïncidence ne tient pas: nous sommes quatre dans l'eau,
et nos dauphins plus d'une trentaine: il leur est donc
possible de nous choisir et qui sait si je n'ai pas eu une
touche! Nous nageons côte à côte et ce n'est pas une image
: on se touche presque et je ne résiste pas à la tentation
de l¹enlacer en la -ou le ?- frôlant à peine, si
légèrement que nous nageons quelques dizaines de mètres
ensemble tout près de la surface... Lorsque d'un petit
coup de caudale à peine sensible, mon dauphin s¹éloigne de
moi, j¹émerge, au deux sens du mot, de l'eau et de
l¹irréel... Désormais, je vivrai avec eux en moi. Ils ne
me quitteront plus ; ce que j'ai ressenti et vécu avec eux
n'appartient qu¹à moi, de manière intemporelle, mais si
profondément authentique. A leur contact, l'humilité et le
respect de la vie et de la liberté, la vraie, prennent
tout leur sens. Nous ne sommes que leurs obligés quand
nous venons leur imposer notre présence. Alors sachons le
faire avec douceur et politesse.
Béatrice
Nous méritons toutes nos rencontres.
Elles sont accordées à notre destiné
et ont une signification qu¹il appartient
à chacun de découvrir...
St. Exupéry |
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