Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Diaporama - Nager avec les dauphins en mer Rouge Vidéo - Nager avec les dauphins en mer Rouge Carnet de voyage - Nager avec les dauphins en mer Rouge Voyages Cétacés
 
Sea Dolphin - Nager avec les dauphins en mer Rouge
Nage avec les dauphins Après de nombreuses demandes de personnes intéressées par ce voyage qui souhaitaient avoir des références, j'ai réuni quelques témoignages de courageux participants qui ont eu la gentillesse de réaliser et de me confier leurs impressions personnelles sur leur aventure avec les dauphins en Mer Rouge. Et comme vous le verrez, c'est assez souvent intime et émouvant, parfois drôle, toujours authentique…

Merci à eux… de tout cœur !

Et si vous aussi, vous avez vécu l'expérience et envie de communiquer vos impressions, n'hésitez pas à nous envoyer vos écrits, nous nous ferons un plaisir de les mettre en ligne !

F.Chotard
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Sommaire
 
Témoignage de William Allemand – Voyage Dauphins et Yoga du 15 octobre 2011

Témoignage de Blandine Cheval – Voyage Dauphins et Yoga du 15 octobre 2011

Témoignage de  Bérangère  Chevy- Voyage dauphin Egypte  " fluidité relationnelle"  du 14 mai 2011
Témoignage de  Ludovic Savary - Voyage dauphin Egypte  " initiation snorkeling et apnée"  du 16 avril 2011
Témoignage de  Noemie Reveney - Voyage dauphin Egypte  " Watsu -Wata"  du 11 septembre 20100
Témoignage de  Sophie Bertrand - Voyage dauphin Egypte  " Watsu  - Wata"  du 11 septembre 2010
Article de P.Van Eersel Paru dans Nouvelles Clés d'octobre 2010- Voyage dauphin Egypte "5ème Rêve" du 29 mai 2010
Témoignage de Jean Alain Pillonetto - Voyage dauphin Egypte "interprétation de rêves" du 31 juillet 2010
Témoignage de  Elisabeth Auplat - Voyage dauphin Egypte  " Apnée Delphinienne"  du  3 juillet 2010
Témoignage de Nathalie Grospellier - Voyage dauphin Egypte "5eme rêve" avec P. Van Eersel  du 29 mai 2010
Témoignage de Sandrine Pelletier - Voyage dauphin Egypte  du 22 mai 2010
Témoignage de Emmanuel Sillière - Voyage dauphin Egypt  du 22 mai 2010
Témoignage de Florence Lagneau - Voyage dauphin Egypte du 24 octobre 2009
Témoignage de Cathy Blot - Voyage dauphin Egypte du 24 octobre 2009
Témoignage de Florent Dechoz - Voyage "Watsu-Wata" du 12 septembre 2009
Témoignage d'Isabelle & Marguerite sur au féminin.com et l'internaute le 9 nov 2007
Témoignage de Laurence Joannot (Gennevillier)- Août 2006
Témoignage de Catherine Peria (Paris) - Sept 200
Article paru dans le Nouvel Observateur octobre 2006 - Par Dorane Vignando
Témoignage de Marie Albertini (Cannes) - Avril 2005
Témoignage de Amelle Drid - Sept 2003
Témoignage de Martine Hess (Alpes Martimes) - Juillet 2003
Témoignage de Laure Roges (19 ans) partie nager avec les dauphins en Juillet 2003 avec sa famille
Témoignage de Béatrice Zeppilli, Voyage du 10 mai 2003
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages

Témoignage de William Allemand– Voyage Dauphins et Yoga du 15 octobre 2011

Je voudrais, en ce début d'année, te faire un retour sur l'expérience grandiose qu'a été cette rencontre avec les dauphins. Ce stage a d'abord été une rencontre avec moi-même. Des changements se poursuivent tous les jours dans ma vie. Mon coeur s'ouvre tendrement à la beauté de la vie... et je prends conscience de ce qui m'entoure... j'aime !

Ce voyage a stimulé et fait ressortir beaucoup d'émotions.
Un lâcher prise vers plus de liberté.
Une découverte de l'évolution du corps dans les 3 directions.
Un esprit calme. La force tranquille.
Un travail sur la peur et la confiance en soi.
Une rencontre avec soi, au travers du yoga et des dauphins ; bercé au rythme des vagues et purifié au souffle du vent.
La mer amplifie notre état émotionnel.
Le calme et la détente sont des clefs pour l'apnée. Et l'apnée permet d'accéder à une plus grande liberté...
Ai confiance en la vie, observe et laisse toi guider par ton coeur ...dans l'eau comme sur la terre ...

Je me souviens, les yeux dans les yeux, en créant des cercles à la surface de l'eau. Il me regardait et jouait avec moi. Nous étions ensemble dans la magie du partage. Il était à ma gauche, tout prêt. J'aurais pu le prendre dans mes bras. Le regard était plus fort que tout.

Voici en quelques mots mes souvenirs les plus intenses pour ce voyage. L'approche yoga et méditation étaient vraiment un plus dans cette rencontre avec soi, les autres et les dauphins !!!

A bientôt !!!

William

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages

Témoignage de Blandine Cheval – Voyage Dauphins et Yoga du 15 octobre 2011

 

"Voilà la vie à repris son cours...boulot...réunions à gogo...embouteillages et concert de klaxons et moi je reste étonnement détachée, presque en suspension au milieu de cette folie furieuse.

Que reste-il de cette semaine passée à bord du bateau ?

Le regard malicieux et immensément bienveillant d'un dauphin qui tourne et virevolte autour de moi. Un sifflement mélodieux et apaisant.... La douce ondulation d'une mère et son petit qui m'invitent à les accompagner. Une inoubliable expérience presque ineffable car tellement forte de beauté et d'émotions, d'échanges évidement avec les dauphins mais aussi avec les autres participants. C'est un voyage intérieur, un retour vers notre être profond et l'amour infini et inconditionnel dont nous disposons tous.

L'appréhension des 1ères mises à l'eau s'est vite transformée en joie profonde et apaisante. L'impression quotidienne d'être enveloppée d'une douceur absolue presque fœtale. Et quand enfin les dauphins viennent à nous alors c'est juste le temps qui s'arrête, un sourire qui illumine les visages et une joie immense de palmer parfois calmement à leurs côtés ou bien plus furieusement derrière le groupe. Le sentiment furtif et rassurant de retrouver quelque chose de l'enfance.

Et puis il y a ces moments d'échange intime et de communion avec le groupe lors des séances de yoga et de respiration, nous unissant dans les larmes et les rires libérateurs. Ces mantras partagés dans le zodiac avant la plongée abyssale. Les sourires bienveillants, les baisers échangés et les clins d'œil espiègles parce que c'était une journée de silence.

Merci à vous deux pour cette inoubliable expérience. Merci pour cette tranche de vie pleine d'amour et de douceur à l'image des dauphins. Merci pour tout ce que vous nous avez transmis. C'est un merveilleux cadeau qui incontestablement va éclairer mon chemin de vie.

 Blandine Cheval - Toulouse

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de  Bérangère  Chevy- Voyage dauphin Egypte  " fluidité relationnelle"  du 14 mai 2011
 

" Rencontrer un dauphin dépasse tout ce que l'on peut s'imaginer... D'abord la beauté vous frappe, le respect s'impose, puis une joie profonde vous augmente le rythme cardiaque et vous prouve que le moment est unique...Et bien vivant...jusqu'au moment ou vous réussissez à croiser son regard et là c'est l'extase à l'état pur...
A certains moments il vous invitera même à jouer avec lui comme si vous connaissiez son univers et ses pratiques de jeu...comme une danse, tout se coordonne et s'organise de façon fluide...Il faut bien entendu être vif...ou pas...Il vous attendra.
Le dauphin vous observe, s'adapte, vous invite...Il vous aime et ce grâce à l'approche douce et respectueuse que Frédéric Chotard met en place sur ces stages d'apnée delphinienne.

Bérangère

 

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de  Ludovic Savary - Voyage dauphin Egypte  " initiation snorkeling et apnée"  du 16 avril 2011
"Je suis passionné par les cétacés depuis mon + jeune âge.
J'ai attendu de longues années (j'ai maintenant 35 ans) avant de pouvoir réaliser un des mes rêves : nager avec des dauphins sauvages.
Le voyage avec Frédéric en Mer Rouge a dépassé toutes mes espérances :
- nous avons pu nager avec les dauphins quasiment à chaque sortie, parfois parmi des bancs de 100 animaux.
- l'interaction avec les dauphins est très forte. Ils viennent souvent tout près de vous à la recherche d'un échange. Je n'oublierai jamais quand j'ai nagé yeux dans les yeux avec un dauphin pendant peut être 2 minutes de suite, qui ont duré une éternité. Et les nombreuses fois où des dauphins m'ont suivi quand je tournais sur moi même.
     Le respect et la "méthodologie" de contact que Frédéric nous inculque aide à préserver cette qualité de rencontre. Pas question de les toucher, de les solliciter quand ils dorment, d'arriver bruyamment dans l'eau.
- voir Frédéric évoluer sous l'eau avec les dauphins est aussi un grand moment. Ses aptitudes à l'apnée et son aisance sous l'eau donnent lieu à des moments magnifiques. Et les photos et films qu'il fait sont des souvenirs extraordinaires.
- les sites également sont superbes. Souvent dans 6 mètres d'eau turquoise avec des coraux. On croirait plonger dans des aquariums. Et d'ailleurs ceux qui veulent plonger avec des bouteilles le peuvent.
- Une ambiance d'échange et de fun qu'ont mise Frédéric et Adeline (qui encadre également le groupe) sur le bateau.
- A noter également la qualité des plats concoctés par le cuisinier, ainsi que la gentillesse des membres d'équipage.
 
Je précise qu'on n'a pas besoin d'être un spécialiste de l'apnée pour profiter des dauphins puisque ils viennent souvent nager avec vous en surface.

Un grand merci à Frédéric pour ces moments inoubliables.
 
Ludovic"
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de  Noemie Reveney - Voyage dauphin Egypte  " watsu -wata"  du 11 septembre 2010

"Ose."...

L'incertitude a laissé place à la clarté pure.

Je pensais que les dauphins ferait sauter mes barrières, la vérité c'est qu'avec eux, nos barrières n'ont simplement plus de raison d'être. Qu'importe les orages et les naufrages, ce voyage est une renaissance. C'est indéniable et résolument beau! Le regard capté d'un dauphin, la douceur et l'amour infini qui en découle, ce moment-là est tellement dense... c'est dix fois trop pour notre terre, bien au-delà de ce que nous pouvons nommer "l'intelligence" ou toute la rationalité que nous exigeons de la vie. Je pensais connaître, savoir... rien ne pouvait me préparer à cet instant-là. C'est d'une violence inouïe dans une douceur inouïe, je pensais réaliser mon rêve, de fait j'ai ouvert la porte à des rêves encore plus grands.

L'expérience du Watsu/Wata a été également une révélation! Mon amie, qui m'amenait entièrement sous l'eau, courbait mon corps et dépliait mes limites jusqu'à ce bien-être immense. J'en arrivais à me demander si j'avais encore besoin de respirer... Les souvenirs de ces jours de septembre, 14 ans plus tôt, me revenaient en force: la bouteille d'oxygène près du berceau, ma filleule âgée de 6 mois, son visage à demi caché par le masque, ce petit être léger dans mes bras, l'odeur de sa peau, de ses pyjamas, le froid des hôpitaux, la chaleur de son amour. Je me guérissais de tout ça, sous l'eau, portée, guidée, protégée par mon amie, entourée par l'extrême douceur d'Arjana et Fred.

Avant ce voyage extra-ordinaire, chaque personne qui me touchait me donnait une sensation de brûlure... cette impression s'est évanouie, je l'ai d'abord mis sur le compte de l'émotion du moment, mais c'est bel et bien installé: je peux toucher et me laisser toucher en confiance, sans malaise. On peut tout expliquer, on peut tout calculer, on peut trouver mille et une raisons à tout... je ne fais que raconter ce que je vois. Là. Devant moi. Ce que je ressens. En moi. Je n'invente rien, je ne suis qu'un témoin parmi d'autres. Dans les abysses bleues, dans le silence ponctué par le chant des dauphins, dans les battements de mon coeur, dans ce film au ralenti et dans cet espace où tout devient possible...

j'ai ouvert les yeux. 

Noémie Renevey - Suisse

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de  Sophie Bertrand - Voyage dauphin Egypte  " watsu -wata"  du 11 septembre 2010

« J'ai participé avec une joie infinie au voyage dauphins et watsu-wata du 11 au 18 septembre 10.

J'y suis allée dans l'intention de "réparer" des blessures d'amour maternel, particulièrement et m'ouvrir à l'Amour inconditionnel, m'autoriser à le recevoir et le laisser circuler en moi.

J'y ai rencontré des personnes de coeur et un groupe riche de bienveillance et de partage.

Je me suis sentie nourrie en profondeur, car aimée, dans bien des dimensions. La rencontre avec les dauphins a permis une ouverture de mon coeur nouvelle et les ateliers de wata ont permis de libérer des blocages, des tensions et freins qui contribuaient à empêcher cette ouverture. 

La rencontre avec les dauphins, l'approche extrêmement respectueuse de qui ils sont, dans leur environnement m'a beaucoup plu. 

Je vous remercie Fred et Arjana pour votre douceur et votre professionnalisme, votre bienveillance respectueuse du chemin de chacun et votre sagesse.

L'équipage est également très délicat, consciencieux, présent, disponible et discret à la fois

J'ai vécu un immense plaisir ! Un grand merci pour cette expérience que j'ai vécu comme une initiation sacrée et christique. »

Sophie Bertrand 

  Article de P.Van Eersel Paru dans Nouvelles Clés d'octobre 2010 (version longue)- Voyage dauphin Egypte "5ème Rêve" du 29 mai 2010

 

DIALOGUE EN APNEE

Patrice Van Eersel (auteur du "Cinquième Rêve")

C’est l’animal totem des temps post-modernes. Nos contemporains en sont facilement fous et cela se comprend : si nous n’étions pas sensibles à ces bolides somptueux de grâce et d’intelligence, débordant d’empathie à notre égard, quoi de naturel pourrait encore nous toucher ? Mais comment se fait-il qu’ils nous servent à ce point de miroir ? Nous sommes allés nous poser la question avec une vingtaine d’êtres humains, sur un atoll de la Mer Rouge. 

Phase 1 - L’émerveillement 

A peine ai-je glissé dans l’eau depuis le Zodiac – « avec délicatesse », nous a demandé Fred, notre guide apnéiste –, que les dauphins sont là. Un groupe d’une dizaine de Stenella longirostris avance à petite allure, comme pour me permettre de les suivre. Leur beauté est d’une finesse rare. Ventre gris clair, dos plus sombre, avec une bande gris foncé de l’œil aux pectorales, ils sont plus petits que leurs cousins Tursiops (l’espèce à laquelle appartient Flipper), ne dépassant guère les 2 mètres de long. Une taille quasi humaine.

Tout d’un coup, deux d’entre eux surgissent à ma gauche. Le plus proche doit être un mâle. Le soleil joue avec le grain de sa peau soyeuse, cet épiderme fascinant, qui absorbe les turbulences à grande vitesse. Immense est la tentation de tendre la main pour le toucher, mais c’est hors de question : la déontologie de la communication inter-espèces me commande de garder les bras alignés le long du corps. Respirant le plus calmement possible dans mon tuba, je me remplis les yeux. Et lui aussi me scrute de son œil droit. Il a une cicatrice blanche sur le bord inférieur de la bouche (un signe qui va m’aider à le retrouver souvent, c’est sans doute le plus anthropophile de la bande – ou celui qui est chargé de nous surveiller ?).

Mais voilà qu’ils me dépassent, m’invitant à virer comme eux à tribord. Nous effectuons ensemble une ronde en demi-cercle et d’un seul coup, ils plongent. Je les suis. Nous descendons de quelques mètres. Pour ne pas les perdre de vue, je me retourne sur le dos, contemplant la surface qui miroite là-haut. Ils font des spirales que je tente maladroitement d’imiter. Je sais combien je suis raide. Mais le sentiment y est. Quel bonheur !

Cela fait dix ans que je n’avais plus tenté l’expérience, je m’attendais à avoir du mal à les suivre en apnée. Mais quand des dauphins jouent avec vous, vous oubliez de respirer ! Nous dansons ensemble un temps indéfini, dans la musique hyper aiguë qui signale leur présence de loin. Puis mes deux comparses rejoignent leur groupe, que je vois s’éloigner, tout au fond, dans une chorégraphie somptueuse.

Observé de près, tout animal sauvage est passionnant. Mais celui-là ! Les cétacés sont les princes des mers. Leurs ancêtres étaient aériens comme nous. Ils ont commencé à devenir aquatiques (à redevenir, au départ toute vie vient de la mer) il y a 50 millions d’années. Leur intelligence nous est un mystère, puisque leur gros cerveau ne leur sert pas à fabriquer des objets, mais juste à entrer en relation, notamment par des sons qui ressemblent à des musiques.

Pourtant, depuis peu, les humains ont percé une partie de ce mystère, ou plutôt à le vivre. Les records des champions apnéistes nous révèlent en effet que l’humain a en lui les capacités de plonger aussi profond et longtemps que les petits dauphins. Avant de partir pour la Mer Rouge, j’ai remis à jour mes fiches et en suis resté coït. Les progrès ont été si rapides ! (cf. encadré).

Personnellement, je me contente de quelques petits mètres. Mais je me souviens de la leçon de mon ami Jacques Mayol, qui ouvrit la voie en dépassant les 100 mètres en 1976 : l’important est cette sorte de yoga que l’apnée sous-marine inspire. Vous pouvez rester longtemps sans respirer, à condition d’être calme. L’eau a la vertu de renforcer votre feeling : si vous vous affolez, la panique ira crescendo ; si vous vous calmez, votre sérénité s’autorenforcera.

Je tente une méditation contemplative, et me laisse lentement remonter à la surface, quand un choc interrompt ma rêverie. Une masse m’a cogné le crâne. J’en avale une tasse et me retourne en toussant : diable, c’est un autre humain ! Je reconnais le grand Denis, qui fait partie du groupe que j’accompagne en Mer Rouge. Égotiquement abîmé dans ma contemplation, j’en avais oublié mes congénères. Mon agacement ravalé, je regarde à la ronde : tous les autres grimpent à bord des Zodiacs pour regagner le bateau. La plongée de ce matin est terminée. 

Phase 2 – Le miroir

Nous sommes ancrés en pleine Mer Rouge, dans le Lagon des Dauphins, à la latitude du barrage d’Assouan, près du Tropique du Cancer. Assis en cercle sur le pont, nous partageons nos impressions. Grande est l’exaltation générale. Il faut dire que, ce matin, nous avons été gâtés. Un groupe de plus de cent Stenellas nous a accueillis d’une façon telle que nous avons dû réviser notre échelle des contacts. Ordinairement, celle-ci est à trois degrés :

Degré 1 : dauphins en vue, mais disparaissent dès qu’un humain plonge.

Degré 2 : dauphins au repos pouvant vous laisser nager à proximité si vous restez tranquille, mais n’interagissant pas.

Degré 3 : dauphins d’accord pour une interaction plus ou moins grande.

Mais ce matin, il nous faut inventer un degré 4, tant le contact a été puissant. Nous ne savions plus où donner de la palme. A peine un dauphin avait-il fini de danser avec vous, qu’un, deux ou trois autres vous entrainaient ailleurs, tantôt vifs, tantôt contemplatifs. Même ceux d’entre nous qui rechignent à plonger ont été comblés. Aussi les témoignages sont-ils euphoriques. Michel n’aurait jamais pensé « qu’une communion totale avec des êtres d’une autre espèce soit possible ». Agnès est hilare : « Une maman dauphin a poussé vers moi son petit, elle voulait me le présenter. » Franck assure que la plongée de ce matin restera gravée en lui à vie. Claude a été frappée par l’esthétique de la rencontre, et bouleversée par la danse en apnée de Frédéric : un humain peut donc nager au milieu de dauphins avec la même grâce qu’eux ! Amélie a traversé trois stades : d’abord un immense fou rire ; puis les dauphins l’ont emmenée « voir ses ombres et limites », qu’elle a dû accepter de lâcher ; enfin, ils l’ont entrainée dans leurs jeux, dont elle est sortie exultante et épuisée. Christine préfère « ne pas chercher à verbaliser » une expérience qui l’a submergée. Etc. Bref, la communication delphinienne s’inscrit facilement dans une démarche de développement personnel. C’est fou ce que ces animaux sublimes peuvent servir de miroir, ouvrir les cœurs et désamorcer les inhibitions. Dans certains cas, un encadrement psy (ou spirituel) ne serait pas inutile, pour distinguer le réel, le fantasme, l’imaginaire, et mieux intégrer l’expérience. Par chance, notre voyage rassemble des créatifs culturels type, c’est-à-dire des gens qui ont fait un minimum de travail sur eux-mêmes.

Profitant des pauses, chacun enseigne aux autres les bases de telle ou telle technique – art martial, massage, méditation... Peu à peu s’installe un esprit de groupe. Ou plutôt le désir d’un esprit de groupe, car si l’esprit de coopération est remarquable au sec, sitôt dans l’eau, nous avons tendance à nous disperser comme des enfants étourdis. Or, tout se passe comme si les dauphins, dont les gestes sont si bien synchronisés, nous invitaient à faire comme eux. À mesure que la semaine s’écoule, nous allons former des figures collectives dans l’eau, nous tenant les uns aux autres de différentes façons (par les mains ou les palmes)...

Nous en sommes là, flottant tous ensemble en un grand cercle sur la mer – espérant naïvement que les dauphins vont venir jouer dans notre ronde –, quand d’épouvantables cris nous font sursauter : « Dolphins ! Go ! Go ! Go ! » Nous voilà

entourés d’une nuée de nageurs inconnus, qui plongent en faisant la « bombe » au-dessus des dauphins. Ces derniers déguerpissent et nous nous réveillons de notre rêve de fraternité inter-espèces. A notre honte, ces intrus sont français. Mais au cours de la semaine, nous verrons défiler nombreuses autres nationalités, qui ne respectent pas les mêmes consignes d’approche respectueuse que nous. 

Phase 3 – Le dilemme 

Depuis les années 50, la Mer Rouge est le paradis des plongeurs équipés de bouteilles, qui visitent la splendeur des récifs de corail. Depuis que Frédéric Chotard a lancé ses croisières, en 2003, c’est aussi celui des apnéistes delphiniens. Résultat : les rencontres humains-dauphins sont en pleine expansion. Certains jours, ce sont dix bateaux qui se trouvent amarrés dans le lagon – soit deux cents humains désireux de nager avec les dauphins. Certes, on estime à plusieurs centaines le nombre des Stenellas qui reviennent chaque matin se reposer dans le lagon, jouer et s’accoupler, après avoir passé la nuit à chasser au large. Mais bientôt tous les lagons de la Mer Rouge risquent de se trouver saturés, ce qui aura un effet pathogène sur l’écosystème. Se pose alors une grande question : un écotourisme delphinien est-il possible ?

Il n’y a pas de réponse simple. L’écotourisme fait aujourd’hui l’objet de grands débats. À l’instant où j’écris cet article s’achève en France, le 1er Forum national du tourisme responsable (1). Paradoxalement, l’opposition la plus vive aux voyages comme le nôtre fait se rejoindre les militants durs de la protection de la nature et les propriétaires des delphinariums. Les premiers voudraient que tout biome naturel soit interdit aux non professionnels ; les seconds renchérissent, incitant les foules à payer le billet d’entrée de leurs cirques aquatiques, dont certains vous proposent de grimper sur des dauphins domestiqués. J’avoue être de ceux qui se révoltent à l’idée que l’on emprisonne des animaux sauvages – surtout si, en liberté, ils cherchent à entrer en contact avec nous !

Il existe une voie du milieu réaliste, qui repose sur une éducation à l’approche respectueuse de la nature. Comme toujours, la démocratisation passe par une phase barbare, que les pouvoirs publics canalisent plus ou moins bien. Certains lagons ayant déjà été saturés, les autorités égyptiennes ont opté pour une réglementation, forcément bureaucratique, avec réservation de créneaux horaires et port obligatoire de gilets de sauvetage. Mais il y a aussi d’autres perspectives. D’abord du fait des dauphins eux-mêmes. Depuis 2003, ils sont de plus de plus interactifs. Comme s’ils avaient appris à nous connaître. Du coup, il devient possible de convaincre les voyagistes d’adopter une charte éthique, car les dauphins fuient les humains brutaux ! D’où le projet de Frédéric Chotard : faire du Lagon des Dauphins une réserve naturelle d’un nouveau genre. Un projet futuriste, que vous trouverez sur son site (2). Frédéric aime citer ce proverbe égyptien mystérieux : « Quand tu es au fond du gouffre, si tu es sincère, le dauphin t’apparaît. » Il est vrai qu’ici, dauphin se dit Abu Salam, ce qui signifie « père de la sagesse ». 

1. www.forum-national-tourisme-responsable.com et www.voyageons-autrement.com

2. www.sea-dolphin.fr

------------------------------------------------------- 

Encadré

Nous avons les capacités d’un mammifère marin !

Le record de durée sous l’eau est actuellement détenu par le Français Stéphane Mifsud, avec 11’35”, et par la Russe Natalia Molchanova, avec 8’23” – si vous essayez dans votre baignoire, vous serez déçu, mais cette potentialité est en vous. Quant aux records de profondeur, ils sont fous : dans la catégorie « no limit », entrainés par le poids de leurs gueuses, l’Autrichien Herbert Nitsch est descendu à 214 mètres, et l’Américaine Tanya Streeter à 160 mètres (la Française Audrey Mestre avait atteint 170 mètres, mais elle en est morte). Mais la plus belle plongée en apnée, c’est actuellement celle de Guillaume Nery, qui a battu le record du monde de descente à poids constant, c’est-à-dire avec la seule aide de ses palmes, dans les deux sens : 115 mètres ! Allez donc l’admirer en cliquant par exemple sur www.koreus.com/video/guillaume-nery-trou-bleu-dean.html !

À lire

Le livre des dauphins et des baleines (tour du monde des lieux delphiniens), Brigitte Sifaoui, Albin Michel.

Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, Karine Lou Matignon, Albin Michel.

Mermère, Hugo Verlomme, JC Lattès

Le Cinquième Rêve, Patrice van Eersel, Grasset et Livre de Poche.

Dauphins ambassadeurs, Frédérique Pichard, éd. Democratic Books – une extraordinaire histoire, dont nous reparlerons, à paraître fin 2010.

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Jean Alain Pillonetto - Voyage dauphin Egypte "interprétation de rêves" du 31 juillet 2010
 

« Le cœur est trouble, le cœur est double. Le corps ondule et tangue encore, doucement, tendrement. La fatigue du voyage s’estompe, les attentes à l’aéroport, la route de nuit s’évanouissent peu à peu. La vie reprend. Les émotions des au revoir sont toujours là, fortes, multiples, du bateau au bus puis l’avion et la voiture. Tous reviennent, ondulant devant mes yeux, tournoyant dans mon cœur, s’illuminant peu à peu dans mon esprit. Les messages d’amour murmurés dans les bras les uns des autres s’entrelacent dans mon esprit, devant mes yeux, les larmes de joie sont toutes prêtes à rouler de nouveau. Mon bateau intérieur tangue toujours.

Les longues palmassions saccadées du premier jour font place aux coulées amples et fluides des jours suivants. Retrouver la compagnie fugace de la maman dauphin  et de son tout petit, le frôlement puissant de cet autre venu coupé la  trajectoire maladroite de la nage du premier jour, onduler encore et encore seul au monde avec eux, sur le bord de leur groupe, à ma droite , là où j’ai le moins peur de les blesser avec mes palmes. La magie de la rencontre continue, douce et puissante, silencieuse et colorée. Je glisse au milieu d’eux. Lentement le groupe de dauphins a ralenti, m’attend. Dans mon tuba, je leur parle, leur demande d’aller moins vite, comme je parle à Nuendo, notre chien quand nous partons courir dans la garrigue. C’est naturel, elle comprend tout ce que je lui dis avec ma voix, avec mes yeux, avec mon cœur. Ils me regardent, se regroupent un peu, vont moins vite. Les larmes coulent dans mon masque. Les allées-retours sur le même parcours, en huit repassent sur les mêmes, au dessus de la même fosse où ils sondent. Je les suis cette fois, mon tuba vibre plus je m’enfonce et les envie dans leur facilité à tournoyer, à jouer à saute montons, à jaillir hors d’eau et redescendre dans un feu d’artifice de bulles et de sourires. Plus loin, le groupe se sépare en 3 sous groupes, j’accompagne à 4 ou 5 mètres le groupe le plus proche de moi, la maman dauphin, son tout « petitou » tout blanc, grand comme mon bras pas plus, et deux autres mamans et leurs petits déjà plus « grandet ». La nage se fait plus lente, je ralenti, trop content de souffler un peu, toujours loin et en arrière pour lentement remonter à leur hauteur, voir un peu les déplacer. Un cliquetis inattendu vient de nulle part, très audible. Il est là, tout à côté de moi, je réprime une envie de lui tendre la main, comme je la tends à mes petits fils de temps en temps quand l’amour parle. Nos regards se soudent, son œil coquin et tranquille à la fois… je comprendrai demain dans les exercices d’apnée l’immensité de ce regard, de ce dialogue silencieux. Glisse le groupe reformé. Nager avec eux, rester en contact visuel m’empêche de réfléchir. Je vis un de mes rêves de gosse, comme celui d’aller voler avec les aigles en parapente. Je ne sais plus depuis combien de temps je suis avec eux, où est le groupe d’humains que je suis censé ne pas trop quitter. Je me sens seul au monde au côté, puis au milieu d’un groupe de dauphins organisés, les uns enseignant la vie par l’exemple, les autres jouant à s’éclabousser d’insouciance et de gambades.

Les séquences de mon expérience intérieure avec eux se mélangent. Maintenant assis dans le kayak nous sommes deux à chorégraphier de nos allées-retour l’atoll peu profond blanc sablonneux. Je n’ai qu’une peur ce matin, toucher de ma pagaie l’un d’eux et risquer de les blesser. Le groupe de dauphins est plus vif, plus rapide. Je décide de quitter le groupe d’amis palmant derrière eux pour aller attendre les dauphins, tout seul, loin et à l’écart du groupe un peu pressant et bruyant des palmes. Nous reprenons bientôt la promenade, je pagaie lentement en les attendant, Olivier les filme et photographie à n’en plus finir. Les images sont belles, la rencontre a eu lieu encore une fois, le bonheur simple s’installe, je relâche ma vigilance et me comble de ce moment. La jouissance de mon cœur, la paix de mon âme miroitent dans le soleil du matin, le temps s’arrête, je ne connais pas les mots pour faire partager ce qui s’ex pense en moi. Le soleil brille de plus en plus sur mes épaules brûlées.  Je dois revenir au bateau que nous avions quitté précipitamment. Je n’ai pas peur. Je sais que je serai tout bientôt  à nouveau avec eux. Je suis déjà un peu  avec eux, les espérant à l’occasion  des nouvelles journées passées en mer, ailleurs, sur d’autres atolls, dans d’autres jardins de jeu et de repos.

 Les retours au bateau, la vie luxueuse à bord, les échanges entre humains parfois pomponnés et compliqués m’arrachent au bonheur d’être parmi les dauphins, je les rêve et les vois partout. Je finis par les voir, en vrai depuis le pont supérieur par mer d’huile, dans le soleil levant, se déroutant pour venir nager au côté du bateau, je les devine dans l’ultime après midi de navigation. Mon cœur est caressé par leurs présences, par la transformation qui s’intensifie lente et puissante à la fois. Je suis touché. J’accueille, simplement.

Plus tard viendra le temps de la tête, le plus tard possible. Je cultive l’émotion, zombie au milieu des humains savants et respectables, ma place pour le moment est ailleurs, dans la gratitude et la reconnaissance envers cette TERRE-MER, ces êtres doux et bien à leur place que sont les dauphins, leur acceptation à nos, à mes intrusions maladroites dans leurs groupes de vie et d’amour.

 Roule toujours dans mon corps l’ondulation de nos chemins de vie, un coup en surface, un coup dans l’eau.

 De retour au bateau, puis de retour au port d’attache, la dernière soirée s’approche. Un vent des sables nous accueille. Il fait chaud tard dans ce pays, comme une invitation à passer du monde de l’Eau à celui de la Terre, et de celui de la Terre à celui du Feu emmené par l’Air. Troublante situation pour nous qui venons de regarder le ciel, les étoiles lors d’une méditation, le bleu profond des tombants, au ras de l’atoll, les 4 directions pour deviner les groupes de dauphins.

                Je me sens différent, un peu changé. Ma vie d’homme s’efforce de se rapprocher de la sagesse, et déjà, je veux redevenir sauvage, les images, les paroles, les échanges entre nous s’éloignent doucement, demeure le nouvel état de cœur. Accepter le monde comme il est fait et faire tout ce que je peux pour le changer, à ma mesure, du mieux que je peux chaque jour et chaque jour un peu mieux.

 Merci  Frédéric  pour ces voyages parallèles, celui des dauphins, celui de l’eau, celui du cœur, celui des Femmes et des Hommes. Merci à toi aussi Florent pour y être déjà allé et en être revenu plus enfant que jamais, la tête à l’envers comme il se doit.Je formulerai un tout petit vœu pour continuer à onduler dans le temps, dans les temps à venir : «  que je puisse à nouveau, l’an prochain par exemple, dans la douceur de juillet ou d’août (de préférence) revivre une expérience, une tranche de vie, avec le même bateau, le même équipage, les mêmes guides et les personnes. Mais bien sur, je sais, je rêve, je continue à rêver mon rêve d’enfant. Je continue à rêver  tous les possibles ……

Jean Alain Pillonetto

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de  Elisabeth Auplat - Voyage dauphin Egypte  " Apnée Delphinienne  du  3 juillet 2010

Apnée delphinienne en Mer Rouge :  « Se connecter à l’esprit de la mer »

Je suis venue de Nouvelle-Calédonie pour faire la croisière Apnée delphinienne du 3 au 10 juillet 2010. J’ai fait le voyage de l’autre bout de la terre pour rencontrer cet homo delphinus qui nage en synchronicité avec les dauphins et entre en résonance avec leur âme. J’ai fait le voyage pour découvrir le véritable esprit de l’apnée avec des maîtres en la matière, les dauphins, et je viens de faire le plus beau voyage de ma vie…

Nager avec les dauphins libres est déjà en soi un véritable cadeau mais plonger en apnée avec ces princes de la mer est un réel privilège auquel Frédéric Chotard nous a permis d’accéder durant ce voyage. Apneiste hors paire, il ne nous a pas seulement  appris à retenir notre souffle plus longtemps sous l’eau, il nous a montré avant toute chose comment préparer notre conscience à la rencontre avec les dauphins, une rencontre qui se mérite et se respecte. Pour cela il nous a appris, d’une part à nous mouvoir de la façon la plus harmonieuse qui soit dans l’eau (ondulation, gestes doux et harmonieux), d’autre part à lâcher prise et à entrer en synchronicité, d’abord entre nous humains, puis avec les dauphins. Je n’oublierai jamais ces moments où j’ai eu le sentiment que le temps s’arrêtait, immobilisée que j’étais dans l’instant présent, dans l’amour et dans l’harmonie la plus totale.

Imaginez, vous êtes là immergés en plein cœur de la Mer Rouge, dans une eau bleu turquoise cristalline, et d’un seul coup vous entendez leur sifflement et leur cliquetis dans l’eau. Ils arrivent, par dizaines, nageant au même rythme dans un immense mouvement harmonieux. Vous avez tout à coup l’impression d’être au milieu d’un scanner géant ! Une vague de dauphins vous tourne autour, vous donne envie de nager et de jouer avec eux, et une autre vague, d’émotions cette fois, vous envahit et vous chavire littéralement ! Là il ne vous reste qu’à « brancher votre esprit sur celui des dauphins » comme dit Frédéric, et à vous laisser aller dans la danse delphinienne. Préparés comme nous l’étions par notre moniteur, apnéistes et non apneistes mélangés, nous n’avons eu aucun mal à approcher ces princes, avec respect, et à se faire accepter dans leurs différents groupes. Nage synchronique, longues et belles apnées, regards échangés sous l’eau,  vrille dans tous les sens, jeux, mimétisme (dans le sens plongeur-dauphin mais aussi dauphin-plongeur !) il y a des moments où je me suis sentie l’âme d’une dauphine !

Frédéric avait raison, rencontrer les dauphins libres nous rend plus aimants, plus vivants, plus joyeux, plus vrais. Plus conscients aussi. Cela s’est vraiment ressenti sur le bateau où les liens entre les membres de notre groupe se sont tissés au cours du voyage et des rencontres delphiniques. Les consciences se sont éveillées au fil des jours et nous sommes tous repartis le cœur remplit et l’âme joyeuse.

Cette semaine en Mer Rouge reste pour moi un véritable voyage d’initiation à la vie, à l’amour. J’y ai rencontré les dauphins mais je m’y suis surtout rencontrée moi. Car les dauphins ont le don de refléter notre âme… J’y ai aussi retrouvé le Nord de ma boussole grâce au travail sur la conscience que Frédéric nous a proposé.

Merci à toi homo delphinus, merci de la gentillesse et de la bienveillance dont tu fais preuve avec tout le monde. Tu te rends accessible à tous les plongeurs, quelque soit leur niveau, et tu partages ta passion avec une telle générosité que ça en est magnifique.

Il suffit de te voir nager avec nos frères d’apnée pour comprendre le chemin que tu as parcouru dans ta connaissance des dauphins et de toi-même. Lorsque tu nages avec eux, je crois qu’ils ne font même plus la différence entre un humain et un des leurs…

Avec les dauphins et grâce à toi Frédéric, j’ai pu me connecter à l’esprit de la mer. Le rêve de tout apnéiste. Merci pour ce beau partage, merci à tout l’équipage du Beau rivage pour cette fabuleuse croisière et longue vie à Sea dolphin !

Elisabeth Auplat

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Nathalie Grospellier - Voyage dauphin "5eme rêve" avec P. Van Eersel mai 2010

Une semaine hors du temps…

Tout a été fluide et j’ai retrouvé ma joie de vivre.

L’approche toute en douceur des dauphins oblige à revenir à soi, à retrouver la joie, la spontanéité qui tendent à s’étioler, à se refermer. J’ai beaucoup apprécié la séquence respiration avant de se mettre à l’eau. J’exultais avec ces dauphins qui jouent, narguent, pointent leur rostre en surface comme pour se moquer de ma difficulté à calmer ma respiration. J’ai aimé comme ils nous entraînent dans leur jeu, ils nous convient à les suivre. Je leur criais mentalement «  je vous aime, je vous adore, vous êtes beaux je voudrais plonger avec vous, attendez moi » et je me suis plue à penser qu’ils m’avaient comprise, car il me semblait qu’en effet ils ralentissaient. Mon plus grand plaisir a été de tourner en rond en restant dans le regard d’un dauphin, une danse souffie à la osho peut être…

Cet amour inconditionnel qui émane de la proximité des dauphins transcende, je me sens vibrante d’amour, de joie, de malice, leur joie, leur amour, leur malice. La confiance des 2 mères qui nous ont entraînés Franck et moi dans leur sillage m’a bouleversée. Nous étions dans la famille, avec les petits comme si elles voulaient nous faire goûter cette tendresse et cette responsabilité aussi, comme si elles étaient fières de nous monter leur progéniture. Anthropomorphisme…peut être. Peut être aussi un message d’espoir, en tout cas une envie de partage.

J’ai vécu un magnifique moment avec Christine, elle était avec un dauphin et je me suis écartée pour la  laisser vivre son moment et le dauphin est revenu me chercher, il a fait en sorte que nous soyons  tous les 3 ensemble, lui entre nous deux, collés, collés.

Et c’était bon de te voir danser avec eux, oui homme dauphin.

Ainsi c’est possible…

Je te remercie de l’expérience que j’ai pu vivre grâce à toi en initiation à l’apnée. J’ai touché du doigt ce que je recherche en yoga, rencontre avec un état de sérénité absolu. Ca a peut être duré 3 secondes mais c’était une éternité. Ta bienveillance et l’invitation de ton regard à rester à tes côtés m’ont permis de faire un pas vers moi. J’ai voulu retrouver ce moment mais le désir était trop fort, une forme d’avidité m’a fait rater le moment, et c’est la peur qui a pris la place du désir,une leçon très yogique !

Se substituer à la volonté du temps alors qu’il s’agit de laisser le temps faire sa volonté. Tu incarnes si bien ce que tu transmets…Du fond du cœur merci.

A J+5 mon oreille droite est encore endormie mais n’est plus douloureuse et le mal de terre s’estompe…et une seule envie recommencer !

Nathalie

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Sandrine Pelletier - Voyage dauphin Egypt  du 22 mai 2010

 

Depuis l’adolescence, c’était un rêve de petite sirène des piscines…

Grâce à Frédéric ce rêve est devenu réalité dans le plus pur respect des dauphins.

Ce voyage est magique, la rencontre avec les dauphins unique, on ressent immédiatement un bien être, une sérénité, toutes les appréhensions et les peurs s’envolent en leur présence. Le dernier jour de nage avec les dauphins a été d’une émotion intense…. « on se lève tôt » nous avait-il dit pour en profiter. A peine debout, nous voilà dans le zodiac avec palme masque et tuba. Ils sont là tranquilles, nombreux, mais vont-ils nous accepter ? Nous espérons tous que « oui » bien que nous ayons déjà vécu des moments magiques durant la semaine. Sandrine, Manu, allez y nous dit-il. Nous nous glissons doucement, et là, à peine le temps de mettre la tête dans l’eau que deux dauphins tournent autour de nous désireux de jouer avec nous. Un fou rire de joie me saisit, bien oui mais avec un tuba dans la bouche ce n’est pas facile…Et durant deux heures, les dauphins nous ont laissé les suivre, ont joué avec nous, nous ont baladé dans la lagune à coup de palmes uniquement. Formidable, une extraordinaire dernière séance pensions nous tous. Nous remontons sur le bateau et prenons un petit déjeuner bien mérité, ivres des images et des sensations réunies durant deux heures. Un peu de repos, et voilà les dauphins à porté de vue nageant paisiblement dans la lagune. Ils se reposent nous dit Fred, on va y aller tout doucement juste pour leur dire au revoir. Fred prend sa monopalme, nous nous mettons à l’eau et nous voilà devant un spectacle unique, la danse des dauphins avec l’homme dauphin. Les dauphins suivaient, jouaient, tournaient autour de Fred, et attendaient en jouant avec nous que Frédéric reprenne son souffle, pour repartir immédiatement dès que ce dernier plongeait à nouveau. Fred les a amené jusqu’au bateau où nous leur avons dit au revoir les larmes aux yeux et la gorge serrée.

J’espère juste que ce petit paradis perdurera afin d’y pouvoir emmener nos enfants quand ils seront grands car c’est déjà devenu leur rêve.

Sandrine, COURBEVOIE

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Emmanuel Sillière - Voyage dauphin Egypt  du 22 mai 2010

Expérience unique et magique!

Un pur moment de bonheur que la nage avec nos amis les dauphins :

Ce regard malicieux, cette indépendance dans leur comportement, dans le choix de venir nous voir ou pas…

Une prise de conscience de ce que le respect des autres peut apporter… 

Grace à Fred, à ses connaissances et ses conseils, nous avons pu établir un contact exceptionnel et avoir de long moment de partage et de jeux avec les dauphins. A en perdre la notion du temps ; quelle magie…

Merci Fred pour cette semaine et toute sa richesse ! 

Une seule question reste en suspend : quand y retourne-t-on ? 

Manu, COURBEVOIE

 

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Florent Dechoz - Voyage dauphin Egypte du 12 septembre 2009 "Watsu Wata"

Il y a trois mois, je n'imaginais la possibilité de nager en mer avec des dauphins sauvages.Ce rêve d'enfant, je viens de le réaliser, grâce à la rencontre de Frédéric CHOTARD qui étudie ces magnifiques cétacés depuis presque 20 ans.

Je suis donc parti pour une semaine en mer Rouge, accompagné de Frédéric et Arjana sa compagne, pour vivre la rencontre et la nage avec les dauphins.

La compagnie  mit à notre disposition un magnifique yacht, équipé  pour la plongée sous-marine, et c'est après 8 heures  de navigation que nous arrivâmes enfin dans le lagon où se retrouvent les dauphins après une nuit de chasse en haute mer. L’eau de ce lagon est à cette période de l’année à 30 degré, et d’une transparence incroyable.

Ses qualités d'apnéiste, sa connaissance des dauphins, sa gentillesse, permet à Frédéric de synchroniser chacun des participants du groupe, à une rencontre très respectueuse de ceux-ci.Le travail proposé par Arjana en Watsu et en Wata complète parfaitement ce séjour, en allant plus loin encore dans sa  propre relation à l’eau de mer. C'est ainsi que j'ai vu au fil des jours mon aisance en apnée s'améliorer, la tranquillité intérieure se transformer, et comme par hasard les dauphins accepter d’avantage de se laisser approcher de plus en plus près.

Ce voyage, a mis mon enfant intérieur dans une joie extrême, la rencontre avec le monde sous-marin de la mer Rouge, ses milliers de poissons multicolores, les coraux fantastiques, c’est comme nager dans un aquarium très généreux ; et tout cela loin des hordes de plongeurs qui fréquentent ces lieux magiques. Tout fut pour moi la source d'un plaisir immense. Les mots me manquent pour exprimer toute l'intensité de ce que j'ai vécu là-bas, mais j'avais envie de partager un peu de ce voyage.

Frédéric et Arjana offre réellement une façon originale et complète d'approcher les dauphins et leur monde sous-marin. Si l'aventure vous tente n'hésitez pas une seconde à visiter leur site Internet et à prendre contact avec eux pour plus d'informations. (sea-dolphin.fr). Je voudrais aussi signaler qu’il n’est pas nécessaire d’être champion d’apnée ou de natation pour vivre ce voyage ; il y avait dans le groupe une « jeune fille » de 70 printemps qui n’avait jamais mis un masque de plongée sur le visage….elle aussi pu participer à la fête des dauphins !

 C’est ainsi qu’un rêve est devenu pour moi  réalité.

Florent Dechoz

Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Florence Lagneau - Voyage dauphin Egypte du 24 octobre 2009 (Toussaint)
Un Voyage Hors du commun

Touché en plein coeur par la beauté, la force, l'intelligence, le jeu, la joie
de ces êtres majestueux les dauphins libres,
miroirs de nos âmes,
des rencontres émouvantes et joyeuses,
ils nous montrent le chemin vers le détachement,
le plaisir simple sans contrainte,
le don sans contrepartie.
Comment témoigner d'un voyage aussi rempli
qui vous emporte encore longtemps après votre retour...

Flo...
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Cathy Blot - Voyage dauphin Egypte du 24 octobre 2009 (Toussaint)
Voyage de rêves en Mer Rouge

Séjour quasi irréel. Un voyage long jusqu'à Marsa Alam nous prépare progressivement à accueillir du beau, du chaud à profusion.
Les eaux bleues turquoises et cristallines font le reste ! Nous sommes envoutés par ce décor féérique.
Premières découvertes de la faune et flore sous-marine. Emerveillement devant cette vie harmonieuse aux couleurs sublimes.
Une oeuvre d'art se déroule là sous nos yeux ébahis !
Nuit sous les étoiles et au petit matin, au beau milieu de la Mer Rouge, un papillon semble danser au dessus de moi ! J'hallucine! Je frotte mes yeux, il est bien là ! Je me lève, regarde au loin et j'aperçois les dauphins.
Le soleil se lève tout juste, le bateau ronronne légèrement.c'est beau, c'est bon.
La cloche sonne, signal de rassemblement, les deux zodiacs se remplissent d'explorateurs encore engourdis de sommeil.
Nous progressons vers EUX ?...Nous nous glissons dans l'eau à leur coté, ils sont sublimes, nagent sans se préoccuper de nous, filent et disparaissent dans le bleu envoutant.
Fred, excellent guide nous a déjà sensibilisé, nous sommes prêts à respecter et accepter le choix des dauphins sauvages et libres.

Les autres rencontres seront « magiques ». Peut être le temps pour nous de lâcher prise sur nos attentes, moins d'excitation, moins de curiosité, mais juste l'immense plaisir de se trouver là ! Sublime rencontre avec ces « Créatures », savant mélange de grâce, de beauté et d'espièglerie !...
Le temps s'arrête.

Sur le chemin du retour au bateau, chacun savoure en silence ces instants quasi irréels.
Quelques jours de pur bonheur qui semblent si denses qu'on vit des journées entières de bonheur en quelques heures !
Chacun remonte à bord avec des étoiles plein les yeux. les peaux se dorent, les sourires s'illuminent.
Notre vocabulaire est bien limité pour exprimer nos émotions, ressentis. Les exclamations et onomatopées font la fête !
Oh ! Waouh ! J'hallucine ! Oh Bazard ! Je n'y crois pas !...
« EN BREF.UN VRAI BONHEUR !!!» sera le mot de la fin. Le club des « Assommés de bonheur » vient de naître !

Chacun d'entre nous est bouleversé à un moment donné par un contact privilégié avec un dauphin.
Un regard qui traine, un frôlement, une escorte qui accompagne.
Fred est un merveilleux « homme-dauphin », il danse et vit sous l'eau avec tant de grâce et de délicatesse.
Sur terre, il contemple nos visages qui s'éclairent au fur et à mesure du séjour.
Toujours à l'écoute, il nous guide vers plus de respect, de tolérance vis-à-vis des dauphins et de nous même.
Il nous fait partager sa passion et son talent pour l'apnée, des désirs naissent, des talents éclosent, nous sommes bénis des Dieux !.
Autant de merveilles en si peu de temps, une semaine de rêves avec au fond du cour tous ces échanges, sourires, confidences et puis ces larmes qui coulent en douceur au creux de la nuit.
Après chaque rencontre avec les dauphins c'est un peu plus d'humanité qui remonte à bord.
Quel bel exemple de vie harmonieuse remplie d'amour, de joie, de jeux et de sérénité !
Il y a parfois des rencontres qui nous aident à devenir meilleurs.nous revenons tous grandis.
Merci !

Retour en France dans la grisaille et la pluie de l'automne.subtil mélange de mélancolie et de joie à retrouver ses amis.
Peu importe où je suis, à l'intérieur je suis en « Bleu turquoise » et de temps en temps, j'entends et vois passer les dauphins sauvages. Au milieu d'eux, un homme, brillant comme un diamant, danse.

Cathy.
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage d'Isabelle & Marguerite sur au féminin.com et l'internaute le 9 nov 2007
Bonjour,

Nous tenions à vous faire part de l'extraordinaire semaine de la Toussaint que nous avons passée en Mer Rouge, à la rencontre des dauphins sauvages.

Un voyage privilégié, qui vous permet de faire une coupure radicale avec les tracas du quotidien terrestre, et vraiment côtoyer ces mammifères attendrissants et si harmonieux.

On découvre les dauphins dans leur lieu de villégiature, un lagon somptueux, protégé par une barrière de corail : quelques principes d'approche distillés par notre guide expert animalier nous permettent de nous fondre en douceur au groupe de 50 dauphins...c'est fantastique, leurs petits yeux malicieux nous invitent à la danse...

Une croisière très adaptée à toute la famille (enfants qui savent nager tout de même, à partir de 8 ans ?). Elle se déroule au sud de l'Egypte, en partant de Marsa Alam.

Si vos enfants ne se sentent que moyennement à l'aise avec l'eau, c'est en plus une façon idéale de leur faire retrouver le plaisir et la confiance face à l'élément aquatique : car outre les ambassadeurs dauphins, la mer Rouge regorge d'un feu d'artifice d'habitants tous plus chamarrés les uns que les autres. Possibilité de baptême de plongée bouteille.

Pour en savoir plus et voir quelques photos, voici le site de notre guide (un vrai homme dauphin...), spécialiste des cétacés, qui propose aussi d' autres destinations : www.sea-dolphin.fr

Isabelle & Marguerite
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Marguerite Lacoste - Voyage d'octobre 2007
 
Un voyage initiatique…

Pour aller à la rencontre des dauphins, il faut une longue traversée. Cette traversée, c'est une préparation à la rencontre.

Longue descente de la mer rouge, ballottés par la houle, balayés par le vent, comme pour secouer les miasmes de la vie urbaine. Longue descente comme un rituel de purification, comme pour accéder à un autre espace pour permettre la rencontre.

Quelques immersions dans l'eau en cours de route participent à cette purification. La mer nettoie les scories qui ne nous appartiennent plus, elle lave les égratignures de la vie et restitue au corps et à l'âme leur splendeur initiale.

Cette longue descente en bateau est comme une descente à l'intérieur de soi, comme la promesse d'une rencontre avec notre être profond.

Enfin on arrive, prêts : sans fard, sans artifices, à nu. Dans cette merveilleuse nudité qui permet la rencontre authentique. Et les dauphins sont là, au rendez-vous.

Leur présence est indicible. Elle renvoie de la lumière, de la douceur, de la légèreté, de l'espièglerie. De la grâce et de la puissance.

Dans leur présence, on renoue avec notre insouciance d'enfant.

Le temps s'arrête.

La rencontre est à la hauteur de la promesse…
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Laurence Joannot (Gennevillier)- Août 2006
 
Après un voyage de nuit un peu fatigant (avion et car), enfin notre groupe de 16 (10 adultes et 6 enfants) embarquons à Marsa Alam sur le bateau qui nous hébergera la semaine durant.

Départ dans les eaux claires de la Mer Rouge. Mis à l'aise par l'équipage et nos 2 accompagnateurs, Frédéric français et Ayman égyptien, respectivement spécialistes "Dauphins" et "Plongée", nous nous installons dans les cabines et commençons à nous approprier les espaces communs du bateau. Les enfants se mettent à jouer ensemble, les adultes échangent leurs premières impressions. Après quelques heures de navigation, le bateau jette l'ancre ; essai des masques, tubas et palmes, et plouf ! Premiers émerveillements "J'ai vu des poissons bleus avec des rayures jaunes ! "Moi un bénitier !" Première nuit à bord, une bonne partie du groupe délaisse les cabines pour dormir sur le pont ; la nuit est si douce et étoilée ! Ambiance dortoir, on installe paréos et couvertures sur les matelas bain de soleil, le sommeil ne se fait pas attendre et le soleil levant nous réveille comme par enchantement sur une mer d'huile.

Lundi, 2e jour sur le bateau. Petit déjeuner, l'ambiance est de plus en plus conviviale. Encore quelques heures de navigation, puis les zodiacs nous emmènent sur une petite île déserte au milieu d'un lagon bleu vert transparent. Les fonds sont enchanteurs, la tête tourne à toutes ces couleurs de coraux et de poissons. Certains s'essaient à l'apnée sous la conduite avisée de Fred, spécialiste Dauphins et Apnée ! Encore un peu de navigation, et à la grande joie des petits et des grands, ça y est les dauphins apparaissent, ils bondissent autour du bateau, nos yeux ne peuvent s'en détacher. Lorsque le bateau s'arrête, nous n'avons qu'une hâte : réaliser Le Rêve, aller nager avec les dauphins. On part donc à leur recherche en zodiac, nous sommes tous aux aguets ; ça y est, on en a repéré un groupe. On se met à l'eau, et la magie opère : nous nageons, ils sont tout près, ils dansent autour de nous, on repère des bébés dauphins avec leur maman... Au dîner, où comme à chaque repas tout le monde se régale, chacun décrit ce qu'il a vu, à quelle distance étaient les dauphins, comment ils se comportaient… Les sourires sont sur tous les visages. Fred nous commente des vidéos sur les dauphins qui nous permettent de nous familiariser encore mieux avec nos nouveaux " voisins et amis ".

Mardi. Snorkeling (ça y est, on commence à maîtriser les termes techniques ! Traduire par nage avec palmes, masque, tuba) et nage avec les dauphins. Toutes les appréhensions tombent grâce à la patience et à la sérénité de Fred ; Sophie 15 ans ne reconnaît pas sa Maman " Il y a 2 jours, elle était terrorisée à l'idée de mettre sa tête sous l'eau et la voilà qui file les dauphins ! " Tout le monde est ravi, du plus petit au plus grand. La journée est illuminée par une rencontre inattendue : Dominique et Jean-Luc, qui naviguent dans les différentes mers de l'hémisphère nord depuis 10 ans ! Ils nous proposent de visiter leur voilier " Ali Baba ", les enfants découvrent une autre manière de vivre… Jolie ouverture sur le monde. Le soir, fête improvisée sur notre bateau ; Jean Luc a apporté une bouteille de vin de Crête d'un de leur dernier périple, Dominique son accordéon, les membres de l'équipage ont sorti le djembé, on chante, on danse, on rit, on échange nos expériences de voyages, de navigation, de plongée… Des tranches de vie se dévoilent, notre groupe prend vie.

Mercredi. Départ pour un récif spécialement adapté à la plongée sous-marine. Dans le groupe, 2 adultes ont déjà leur premier niveau de plongée. Pour tous les autres : grande journée ! Baptême de plongée en bouteille pour ceux qui le souhaitent, c'est-à-dire… tout le monde y compris notre benjamin Kevin dit " Doudou " 8 ans. Nos deux accompagnateurs eux-mêmes plongeurs de haut niveau nous expliquent le matériel, les gestes, la sécurité ; on se sent en confiance avec eux. Après les baptêmes, retour sur notre lagon d'origine. Deux inconditionnelles se perfectionnent aux techniques de l'apnée sous l'œil attentif et bienveillant de Fred, très doué pour apaiser et mettre en confiance. L'apnée se révèle une grande source de bien-être. Le soir, c'est dîner de gala ! Suivi d'une soirée vidéo cette fois sur la faune et la flore environnantes, commentée par Aïman notre accompagnateur égyptien amoureux de sa Mer Rouge ; qui l'en blâmerait ! La soirée se termine sur une partie géniale de sauts et de plongeons depuis le bateau ; tout le monde s'en donne à coeur joie !

Les jours de la semaine passent trop vite : nouveaux récifs, fonds toujours plus magnifiques, visite d'épaves, dauphins, nage, snorkeling, plongées, plongeons… On retourne doucement vers Marsa alam. Vendredi, on passe dans le port de Marsa alam notre dernière nuit sur le bateau. Elle a un goût de fin de colo…

Samedi matin, dernier transfert en zodiac, cette fois vers la terre ferme. Le car nous emmène de Marsa alam à Hurghada où nous passons l'après-midi et la soirée jusqu'à 3 heures du matin, heure de notre transfert pour l'aéroport. La transition est brutale, ces dernières heures sont terribles ; Hurghada n'a pas d'âme, l'hôtel est une grande structure bruyante et grouillante, la plage est petite et polluée, nous ne nous sentons pas accueillis... Après avoir été choyés sur le bateau, nous ressentons ces dernières heures comme autant d'agressions visuelles, auditives, olfactives… Vite vite à l'aéroport, pour pouvoir rattraper, pendant les quelques heures qui nous séparent encore de Paris, toutes les merveilleuses émotions que nous a procurées cette magnifique croisière en Mer Rouge avec les Dauphins.
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Catherine Peria (Paris) - Sept 2006
 
C'est après un voyage aux Açores pour rencontrer mes premiers dauphins et au bout d'une année aride et difficile, uniquement éclairée par les grands yeux bleus de mon petit neveu et ceux verts amende de mon chat, que nos amis dauphins semblent m'avoir donné à nouveau rendez-vous ; ils n'avaient, à vrai dire, jamais quitté mon cœur ni mon esprit et je comptais bien les retrouver un jour. Via internet, c'est " Nager avec les dauphins " que je choisis d'emblée. Il me semble retrouver, à travers les lignes de présentation du site " Sea Dolphin ", le même amour, la même passion, le même instinct protecteur qui m'avaient bouleversée aux Açores. C'est signé, c'est payé, je pars… Je croyais savoir ce qui m'attendait, je ne savais pas à quel point je ne savais rien !

Plusieurs heures de navigation sont nécessaires pour mettre le plus de distance possible entre nous et notre vie d'avant le départ. Nous somnolons, bercés par le roulis, conquis par la tiédeur du vent du nord.
Quand soudain, l'animation revient sur le bateau. A ton signal, toi le charmeur de dauphins, nous nous sommes précipités contre la rambarde : dauphins à bâbord ! En fait, je ne crois pas que tu aies dit " bâbord " ; nous n'avons eu qu'à suivre ton regard. Les nageoires dorsales brillantes et les petits becs ronds roulent sur les vagues, ils nous suivent un moment. Ça me reprend ! Ma vue devient floue, mes yeux s'embrument… Je les retrouve tels que je les avais quittés, je suis au rendez-vous. Je fonds, je voudrais les serrer dans mes bras.
Les jours suivants, amarrés au lagon enchanté, nous sommes à leur poursuite, pensons-nous ; ce sont eux qui nous possèdent. Ils décident de tout, de se donner ou de se cacher, jouant sans le vouloir avec nos émotions. Ils nous narguent, nous toisent ou nous ignorent.
Un jour, je suis l'élue ! Comme jamais je n'aurais osé l'imaginer ! L'un d'eux me lance un regard intéressé qui semble vouloir dire " Viens jouer avec moi ! ". Je ne me fais pas prier. La seconde qui suit, j'ai l'impression de me faire bousculer, chahuter, je suis serrée de près. Une nageoire caudale manque de m'emporter le bout du nez ! En me frôlant encore, il me montre son joli ventre blanc qui brille dans la lumière. C'est le bonheur !
Le lendemain, c'est quelqu'un d'autre qui est choisi : crise de jalousie ! D'ailleurs, à ce propos, Fred, c'est très " énervant " de te voir descendre les rejoindre chez eux, comme l'un des leurs, avec la grâce infinie d'une naïade, pendant que nous autres nous restons scotchés à la surface comme des mouches au plafond !!... Je mesure alors, sans me faire d'illusion, tout le chemin qu'il me reste à faire pour que la joie de la rencontre se transforme un jour en véritable communion, complicité, harmonie, imitation, langage commun… On en a rêvé, tu l'as fait !...
Après avoir cru un instant faire partie de leur famille, après avoir cru être emportée, kidnappée par eux, moi je n'aime pas les voir partir malgré le spectacle sublime qu'ils nous offrent lorsqu'ils disparaissent dans le bleu profond, comme des ombres silencieuses. Peut-être ne seraient-ils pas contre… mais nous ne pouvons pas suivre. Les derniers jours, j'ai compris que c'était à ce moment précis qu'il ne fallait pas céder au découragement, qu'il ne fallait pas se laisser berner par leur provisoire abandon. A ton exemple, après avoir observé la qualité de ton approche, j'ai tenté, à mon petit niveau, de t'imiter :

1) si on a perdu de vu nos fantasques amis, chercher Fred. C'est facile, c'est la seule tête non pourvue d'un appendice en plastique. Les dauphins ne sont certainement pas loin,
2) palmer, palmer encore, palmer toujours, doucement, sans éclaboussure, sans se fatiguer, sans se lasser, en direction des petites nageoires qui sont plus proches qu'on ne le croit.
Et ça paye ! Je les vois revenir comme ils sont partis ! Je croise à nouveau leur route, plusieurs fois, ils s'éloignent, ils se rapprochent, m'encerclent et en un instant je suis au milieu de dizaines de sourires bienveillants et enjôleurs ; ils tournent, à m'en faire perdre le nord…

D'autres fois, les voir passer lentement en dessous de soi, à quelques mètres seulement, procure une paix qui n'est pas passagère. Leur silence couvre même le clapotis des palmes.

D'où leur vient ce mystérieux pouvoir qu'ils ont sur nous. Pouvoir de nous fasciner, de nous inspirer le désir de communier avec eux, pouvoir de nous transformer ou tout simplement de nous rendre meilleurs ? Pouvoir qui leur est universellement reconnu et que nous parvenons si mal à définir.
Une réflexion d'Ayman : lorsqu'il s'agit d'aller voir les dauphins, il règne toujours sur le bateau une harmonie, une solidarité, une joie et une gentillesse qui font parfois défaut aux autres groupes embarqués pour des croisières-plongée.
Au-delà de l'emblème mystique " peace and love ", new-âge et compagnie, tu nous as fait découvrir que les dauphins, eux aussi ont leurs amours, leurs guerres, leur violence, leurs petits et gros défauts, leurs comportements bizarres. Eux aussi sont immergés dans une " jungle " qui ne pardonne pas. Mais, dans le fond, ça ne change rien. Ça ne change rien à l'attirance mutuelle qui nous lie, eux et nous, à ces sentiments partagés qui ne demandent qu'à conquérir, qu'à grandir, dans le plus grand respect l'un de l'autre. Est-ce leur beauté, leur sourire (parfois trompeur), leur curiosité, leurs performances, leur intelligence sensible, dont nous ne connaissons pas les contours, qui leur valent une place à part dans l'histoire du monde ? Peut-être, et certainement beaucoup d'autres choses encore…

Pour ma part, je peux en mesurer les effets dans ma vie. Non pas que je les considère comme des thérapeutes, j'ai trop de respect pour eux, je les aime trop pour les affubler d'une telle appréciation égoïste et réductrice, mais en suivant leur " fil conducteur " (ça c'est de toi), j'ai la certitude d'être conduite sur un chemin qui ne peut m'apporter que bonheur et bienfaits.
Je me garde souvent d'avoir une vision trop romantique des choses, mais après tout : je suis partie de loin, ou plutôt lorsqu'ils sont venus me trouver, j'étais très loin derrière. Serait-ce pour m'emmener très au loin ?...
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages  Article paru dans le Nouvel Observateur octobre 2006 - Par Dorane Vignando
 
Un rêve de gosse…

Un trait de violent rouge à lèvres barre le grand large. Face à lui, Hurghada scintille. La station balnéaire pour touristes-plongeurs exhibe en grande pompe ses hôtels, boutiques de souvenirs et usines restauratrices. Mais dès l'aube, cap à trois cent kilomètres entre mer et désert, direction Marsa Alam, petit village de pêcheur face à la mer rouge. Au bout d'un ponton, le nom du bateau se détache d'une coque blanche rouillée d'écume. Embarquement immédiat. Une petite heure de navigation et première escale au carré pour déguster un buffet quatre étoiles. On papote, prend ses aises. Tout d'un coup, ça siffle fort sur le pont. Frederic Chotard, guide animalier-apnéiste se dresse comme un ressort. " Ils sont là ! vite ! ". Pas le temps de finir sa bouchée que l'on se précipite à l'avant. Les cinq marins présents ont le sourire carnassier. Fausse alerte ! C'était juste pour voir notre temps de réaction si jamais " ils " apparaissaient.
Qui ? Ces mythiques amis des hommes, ces valeureux chevaliers des mers, ces magiciens d'eau sujets de tant de rêves de gosses ; les dauphins. " Nagez avec les dauphins sauvages en mer rouge ", lit-on sur la brochure. On était quelque peu sceptique face au programme. Les dauphins jusque là, c'était Flipper où de drôles de clowns exhibés dans les delphinariums tropicaux. Ici, le ton est donné : pas de voyeurisme à la sauce Disneyland. Six jours de croisière tranquille entrecoupée de " rencontres interactives " avec les cétacés et d'explorations sous-marines.
En attendant, nous replongeons dans la fraîcheur du carré, le temps d'absorber la sueur. Ca re-siffle. Bonne pêche, ils sont là ! Une quarantaine de dauphins à " longs becs " surfent le long du bateau . Direction manu militari à l'arrière, enfilage des palmes, masque et tuba avant de grimper à l'assaut du zodiac qui se transforme en radeau de la méduse. On pagaie rapidement en direction des petites touches argentées qui fendent l'eau. Plongée toutes bulles dehors, observation fébrile à 360° : … Ils ont tiré leur révérence à la vitesse d'un hors-bord !
L'oreille au large, l'œil sur le bleu, on reprend son souffle. A trois brasses coulées, un photographe sous marin professionnel shoote une silhouette immobile au fond de l'eau qui exhibe une monopalme jaune fluo. A quinze mètres de profondeur, Fred Chotard semble faire une séance de tai-chi en apesanteur sans autre oxygène que celui de ses poumons. Le voilà qui roule sur lui même, ondule et souffle de gros cercles d'air dans lesquels il passe son abdomen.
De Madagascar aux Bahamas en passant par la Floride il a passé plusieurs années à exécuter vrilles et loopings auprès des mammifères marins. Et n'a cessé de franchir cet autre monde, adorant l'eau salée qui gerce la peau, les embruns qui poissent les cheveux et cette sensation paradoxale " de monter au fond " lors de ses descentes. L'homme revendique une démarche artistique, une gestuelle aquatique : " Depuis un demi siècle, nous avons étudié ces animaux depuis des bateaux, en delphinariums, avec des écouteurs sous marins, mais rares sont les études faites sur les dauphins sauvages en utilisant les même outils qu'eux, telle l'apnée ".
Justement, les voilà qui reviennent en rang compact avec puissance et grâce. Il faut se vider les poumons, glisser doucement dans l'aquarium de la Grande Bleue, voir l'image de l'horizon se brouiller une dernière fois dans le masque... Ils sont là, à trente centimètres, quarante au plus exhibant leur ventre de lune. " Essayez d'avoir des mouvements lents, ne battez pas trop des palmes et ne tenter pas de les toucher, on apprend souvent plus à regarder " a prévenu le spécialiste. Excitation oblige, vu du dehors, nos mouvements doivent plutôt s'apparenter à un ballet de phoques, même si l'on tente de faire attention à sa laideur gestuelle. Un peu crispés, un peu gauches, les mains sagement rangées le long du corps, le bruit des ultrasons électrise et rend la mer bavarde. On serpente, louvoie à côté de petits yeux ronds qui vous scanne, la tête de côté comme s'ils vous interrogeait du regard. Ils jouent, virevoltent, bondissent et donnent des coups de queue aux nuages. Vous frôlent puis s'esquivent dans une cabriole sur la gauche, tournoient deux ou trois fois sur eux mêmes dans une lumière de cathédrale. Rien de frontal, tout va par courbes, glissades, oblicités. Plus de perspective, plus de sens de l'en haut et de l'en bas. Toucher à peine, suivre le rythme et saluer la légèreté de cette grand messe tourbillonnante. On nous avait prévenu que l'expérience provoquerait les yeux humides.
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Marie Albertini (Cannes) - Avril 2005
 
La réalité a été plus belle que le rêve!
Dans les turquoises de la mer rouge j'ai été touché par les dauphins. Ils ont touché mon coeur et mon âme de leur grâce et leur amitié.
Le spectacle est magnifique et la rencontre un vrai cadeau de la vie. Une véritable magie de se laisser conduire par Frédéric le guide de ce miracle : NAGER AU MILIEU DE CENTAINES DE DAUPHINS.
Une croisière à faire et à refaire pour vivre des émotions que nous n'oublierons jamais.
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Amelle Drid - Sept 2003
 
Salut Fred,

Je viens de lire ton résumé de notre commune épopée !
Lorsque l'émotion est forte, trop forte, la mémoire s'efface comme pour ne laisser que l'émotion faire surface, sans les images !
En relisant ton écrit, j'ai revécu à travers ma mémoire et des images retrouvées, nos différentes rencontres avec nos chers dauphins ! Et pour cela je te remercie de tout coeur ! Merci d'avoir pris un peu de ton temps pour cette ultime mais fabuleux dernier cadeau! Je n'aurais plus peur de ma mémoire et je n'aurais plus peur d'oublier ! Il me suffira de te relire ! Plus que cela merci d'avoir su avec passion nous faire partager ton amour des dauphins ce qui nous a permis nous même d'approcher les dauphins avec passion et respect même si tu le sais la tentation d'entrer en contact physique avec eux était parfois trop forte au vu de l'intensité de la complicité sur le moment ! Je leur fais confiance et je sais qu'ils ne se laisseront pas approcher par des personnes mal intentionnées!
En tout cas les dauphins me manquent énormément !
Je me surprends parfois à pleurer de tristesse ou de joie, je ne sais trop ! Sûrement un mélange des deux ! L'ensemble de cette aventure restera gravée en moi à jamais !
Je pensais que la réalisation d'un rêve serait aussi la fin de celui-ci! Mais j'avais tort ! le rêve continue mais il est encore plus doux et plus intense puisque la réalité des émotions en mer a dépassé le rêve lui-même. Merci à toi, à tout le groupe et à l'univers tout entier d'avoir partagé ce rêve !
Passionnément
Amelle
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages  Témoignage de Martine Hess (Alpes Martimes) - Juillet 2003
 
Instant 1 : " Le voyage " à la manière de " Géo "

Les belles choses se méritent pensent les grands voyageurs.
Le voyage en minibus qui nous conduit au sud de la Mer rouge laisse présager des instants fastueux. Route rectiligne, mer à babord, désert à tribord. Une rive griffée de bâtiments qui hésitent entre construction ou destruction.
Et la mer turquoise qui s'étire insensible au soleil de feu.
Le bateau blanc est là, nous prenons possession de nos cabines puis nous naviguons vers le Lagon

La caresse de l'air réveille les voyageurs engourdis de chaleur.
Chacun cherchant sur la surface de l'eau ce que leurs rêves ont tracé. Mais la nature a l'imagination infinie : turquoise précieuse, aigue-marine profonde et améthyste diaphane sont posées sur l'eau, joyaux réservés au seul plaisir des yeux.

Les moteurs ralentissent : le lagon aux courbes pastel s'arrondit autour de nous.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire chacun est prêt pour aller à leur rencontre : Dauphins…et le rêve se réalise. Ils sont là, venus d'un ailleurs ignoré des hommes.

Interaction disent-ils, mais aussi rencontre d'un autre type où chacun y met son âme et son cœur. Dansez avec les dauphins, nagez comme vous voulez, laissez vous enivrer par leur ronde et communiez avec eux dans la grand-messe de l'air inspiré puis plongez dans les profondeurs marines. Laissez-les s'éloigner pour mieux les regarder venir à vous et croiser leur regard rond de douceur, de curiosité ou d'indifférence.

Vous êtes dans le film, vous êtes passés de l'autre côté du miroir. Mais chut ! ne le dites pas à tout le monde…

Instant 2 : " Le réveil " à la manière de San Antonio

Dauphins ! Dauphins ! hurle le 1er levé sur le pont du bateau.
L'insomniaque de service réveille les somniaques.
La population du bateau se voit dans l'obligation de quitter sa couche. Chacun achève de se refringuer et accourt en direction du sonneur.
" j'vous dit que j'les ai vus " et tous de mater la surface de l'eau aussi plate qu'une sole beurre blanc.
Les plongeurs de " eau "-vol se baffrent fissa-fissa de biscuits secs et d'expressso. Plein les bas-joues. C'est ce qui s'appelle tremper le biscuit, hein !

Hommes, femmes et enfants se jettent dans le zodiac qui se prend un court instant pour le radeau de la Méduse - Greg atterrit avec l'élégance du phoque dans le ballet " j'vais rater la marche " chorégraphié par la Pietragala après un stage de Hip-Hop.
Chacun essaie de glisser dans l'eau avec la grâce qui lui est propre. Free-style diraient les pro ; une bande d'otaries qu'aurait fumé du pschitt dirait Béru.

Et puis le miracle : les corps en apesanteur cèdent à la magie du lieu " cède toi le ciel cédera " et c'est la mer qui a cédé aux hommes ses dauphins.

Chercher les mots dans la pensée de San Antonio, pour évoquer cette magie, c'est maso mais c'est rigolo (note de l'auteur).

Avez-vous déjà regardé le monde à travers des lunettes de plongée aux verres de bonheur ? Les corps s'étirent comme un champ d'algues quand la lame de fond va et vient en une caresse infinie.

Chacun ondule du valseur mais les dauphins sont les danseurs-étoile de ce ballet. Seul l'homme à la palme jaune peut rivaliser avec les cétacés.

Les dauphins ramènent le groupe dans le monde du réel ( ouais du sexe !), le prince des mer ne perd pas de temps en bla-bla préalable et se hâte de rentrer dans le vif du sujet
- sujet dauphine - indifférent aux voyeurs médusés qui l'envient. Il vaut mieux une petite qui frétille qu'une grosse qui roupille a dit un philosophe dauphin. Et la gente cétacé s'en donne à " cœur " joie.

Les dauphins avec l'indifférence d'une grande duchesse tirent leur révérence et les nageurs grimpent à l'assaut du zodiac avec la même élégance qu'à l'aller. Les boudins gris, écrasés sous la charge, retiennent leur souffle jusqu'au bateau.

Instant 3 : Défilé de poissons à la manière d'un " reporter de mode "

Le silence pour seule musique, c'est ce qu'a choisi cette saison le grand " Créateur ". Toujours fidèle à son rêve de liberté il laisse ses modèles se mettre seuls en scène.

Un florilège de motifs, des textures dont il a seul le secret, des couleurs dans une palette unique ( même le noir et blanc sont couleurs entre ses doigts)

Faire danser dans le silence le plus bel anti-défilé qui soit, il est seul à savoir le faire.

Jamais de toc, tout est vrai : du corail le plus délicat à la coquille la plus lourde, chaque accessoire s'accroche au meilleur endroit pour mettre en valeur la courbe d'un silence.

Depuis la nuit des temps, le made-in-nature sait se renouveler sans jamais lasser. Le monde entier est son terrain de jeu, pour notre plus grand bonheur.

Instant 4 : " île déserte " à la manière de Khôlanta

Les 2 équipes débarquent sur le même îlot vierge, mais ce soir pas de compétition.
La production a choisi d'offrir aux participants un moment de répit sur la terre ferme.

L'équipe des noirs qui a gagné le feu le partage avec l'équipe des blancs pour allumer la flamme qui va cuire leur repas.

Les bernard-l'hermite occupent la plage avec les oiseaux et signalent leur déplaisir de voir leur île envahie.

Un cri déchire le silence : un des participants ne supporte plus la douleur lancinante qui déchire son ventre : J'AI FAIM ! Jamais, plus bestial hurlement n'a retenti sur ce rivage : les oiseaux se taisent, les bernard-l'hermite se rangent dans leur coquille.
En vain tous cherchent dans le ciel la casserole de la grande ourse, mais elle est désespéramment vide. Chacun entoure le souffrant de sa tendre amitié, mais rien n'y fait, seul la bouche pleine fera taire la douleur.

L'équipe des noirs improvise une danse tribale rejointe par quelques blancs. La trêve prend fin, le retour au bateau se fait sous la lueur d'une lune devenue réverbère.

Instant 5 : " Rencontre France-Italie " à la manière de l'Equipe

Les français ont choisi de jouer cette rencontre à fond

Les tribunes flottantes se remplissent : 2, 3 et bientôt 4 bateaux assistent à la rencontre.
Les français occupent les premiers le terrain, mais sont très vite rattrapés par les italiens.
Pas question pour le groupe de galvauder l'interaction, pas question d'en garder sous la palme. Pas question de tourner le dos à une chance inestimable : les dauphins.

Combien d'écailles vont-ils y laisser dans cette aventure ? Il faudra gérer les efforts et être les plus solides tactiquement pour gaspiller moins de forces.

Ce que le règlement de la mer interdit, les italiens se l'autorisent. Aucune concession, les italiens sont prenables, les français ne font pas fait de complexe. Plus serein, le groupe réussi plusieurs interactions de grande qualité ( filmés par la caméra de Stéphane). Chaque rencontre marque les progrès importants du groupe tricolore.

Le retour dans les vestiaires se fait sourire aux lèvres.
Nous reviendrons !

Instant 6 : Une table 4 étoiles (de mer), à la manière de " Cuisine et Vins de France "

Si vous faites abstraction de la tenue plutôt légère des convives, vous trouverez tout ce qu'il faut de délicieux pour ensoleiller l'humeur, sur les banquettes.
Sans rien lâcher de son talent, et sans abandonner sa culture orientale, le chef dans sa cuisine minuscule prépare des repas majuscules.
Habillé de bois verni, à la façon des navires de jadis, le carré nourrit les rêves, et calme les appétits en offrant de petits bonheurs simples ( crêpes, volaille fessue en 10 versions, frites maison, salades aux couleurs impressionnistes …).
Et pour apaiser la bouche salée d'eau de mer des convives, le chef chorégraphie autour de l'orange, le melon, la pomme et la banane comme une valse fruitée.
Avec un service orchestré par une odalisque au sourire irrésistible.
Un bel écrin pour une cuisine perle rare.

Instant 7 : " Les dauphins d'abord " à la manière de Georges Brassens

Non ce n'était pas le radeau
de la méduse ce bateau
Qu'on se le dise au fond des ports(bis)
Il naviguait en père peinard
Sur la mer rouge des jobards
Et s'app'lait les dauphins d'abord
Les dauphins d'abord.

C'étaient pas des amis de luxe
Les p'tits Nicolas et Paulux
Des gens de Nice et d'Andorre(bis)
C'étaient pas des amis choisis
Par Edwige et par le Freddy
Dans le ventre ça gargouillait fort Les dauphins d'abord.

C'étaient pas des anges non plus,
L'règlement ils l'avaient mal lu
Mais ils plongeaient toutes bulles dehors(bis)
Jean-Pierre, Didier et compagnie
C'était leur seule litanie
Leur credo leur confiteor
Les dauphins d'abord.

Au rendez-vous des bons copains,
Y'a jamais eu un seul lapin
Nicolas, Camille et Paulo(bis)
Des sauts ils en ont fait beaucoup
Les trois ils ont tenu le coup
Ils n'ont jamais viré de bord(bis)
Naviguaient en frères peinard
Sur la mer rouge des jobards
Et s'app'lait les dauphins d'abord (bis)

Instant 8 : Lever de soleil à la manière de Christian Bobin et autres romantiques

" Ils ne sont pas là " lâche d'une voix douce l'homme appuyé au bastingage.
Tandis que l'enfant sort doucement du sommeil ; Elle, cherche à ouvrir les yeux sur une mer acier.
L'instant est immobile : le ciel pâle, d'une nuit blanche passée avec la lune.
La mer diaphane réfléchit à la lune et lui jette ses derniers effets. Soleil et lune à l' instant réunis, inexorablement s'écartent, pour mieux se rejoindre demain.

Lui, ne quitte pas des yeux la surface de l'eau, il sent qu' " ils " ne viendront pas.
Elle, accroche son regard sur la surface couleur de métal : elle sait toute la vie qui s'y trouve, elle n'a plus peur de ce monde humide et chaud comme le ventre d'une mère.

L'enfant s'est levé ; la mer a suivi son mouvement .

" Ils " ne sont pas venus…

Instant 9 : avec l'aide de Philippe DELERM "1ère gorgée de bière et autres plaisirs minuscules " à déguster lentement

La 1ère gorgée de bière est la seule qui compte. Les autres, de plus en plus longues, de plus en plus anodines ne donnent qu'une abondance gâcheuse...
Mais la 1ère gorgée ! Gorgée ? ça commence bien avant la gorge. Sur les lèvres déjà cet or mousseux, fraîcheur amplifiée par l'écume, puis lentement sur le palais bonheur tamisé d'amertume. Comme elle semble longue , la 1ère gorgée ! On la boit tout de suite, avec une avidité faussement instinctive…le bien-être immédiat ponctué par un soupir, un claquement de langue, ou un silence qui les vaut ; la sensation trompeuse d'un plaisir qui s'ouvre à l'infini…
En même temps, on sait déjà. Tout le meilleur est pris. On repose son verre, et on l'éloigne un peu…On savoure sa couleur, faux miel, soleil froid. Par tout un rituel de sagesse et d'attente, on voudrait maîtriser le miracle qui vient à la fois de se produire et de s'échapper…
Et dire que le serveur Egyptien a failli nous la gâcher cette 1ère gorgée : trop de mousse !

Qu'importe nous en avions tant rêvé que nous avons pardonné ce sacrilège à l'impie.

Instant 10 : à la manière de Martine

Pour inscrire dans ma mémoire ces instants uniques, il fallait que je les note.
Ces pages clin d'œil sont pour vous tous parce qu'ensemble c'était : amical, amusant, chaleureux, bon vivant, tonifiant, hors du temps … Mes grands fils diraient Méga géant super cool.
Et comme le fait le moniteur de plongée : j'arrondis l'index et le pouce, les 3 autres doigts levés et je vous salue de toute mon amitié.

Martine, Didier et Paul
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Laure Roges (19 ans) partie nager avec les dauphins en Juillet 2003 avec sa famille
 
"Une semaine à ne vivre que pour la mer. La nuit, dormir sur le pont et se sentir bercée par ses flots. Le matin venu, ouvrir les yeux sur elle, et immédiatement scruter sa surface pour tenter d'apercevoir un dauphin.

Les dauphins. Nager quelques secondes à leur côté permet de se donner l'impression d'appartenir un instant à leur monde. Pourquoi vouloir faire partie de ce monde plutôt que du notre ? Peut-être parce que parmi eux, tout ne semble que douceur, rire, jeux, amour, curiosité et sensualité. Sans doute cela n'est-il pas totalement le cas ; mais la perspective de l'existence d'un monde si éloigné de la haine, de la colère et de la bêtise humaine est assez attrayante pour que l'on s'y accroche.

Sous la mer. Passer l'essentiel de son temps sous l'eau et, dès qu'on en ressort, n'avoir qu'une seule idée en tête : y retourner. Car je trouve qu'il existe un instant magique, dans les plongées en apnée. Entre le moment où l'on plonge et celui où on commence à manquer d'air, si l'on parvient à se relaxer totalement et à faire abstraction de notre corps qui sous peu réclamera sa bouffée d'oxygène, on entre, pour une fraction de seconde mais qui peut sembler une éternité, dans un état unique : On se sent aussi léger que l'eau, en totale harmonie avec le monde qui nous entoure, et totalement en paix avec soi-même.
C'est un état de sérénité que je n'ai jamais ressenti ailleurs que là-dessous.
Je me dis aujourd'hui qu'Enzo avait raison : on est bien mieux en bas.

Le rêve. La possibilité de réaliser ses rêves n'est pas donnée à tout le monde, et je sais que j'ai eu énormément de chance ; j'en suis infiniment reconnaissante.
Il est très difficile de s'éveiller, une fois le rêve terminé. Comme tous les rêves, il semble irréaliste, mais le goût de sel qui me reste dans la bouche est là pour témoigner du fait que tout a bien eu lieu, mais aussi pour rendre la réalité après le rêve un peu fade et sans saveur, le temps de s'éveiller complètement. Je sais cependant que c'est ce petit goût de sel qui me tiendra chaud cet hiver, comme une étoile scintillant tout au fond de moi.
Je viens de vivre ce qui est sans doute la plus belle expérience de ma vie. Je ne sais pas si j'en ai assez profité, mais je sais en revanche que lorsque j'ai vu les Sirènes pour la première fois, l'eau salée qui a empli mon masque ne provenait pas de la mer qui m'entourait, mais bien de mes propres yeux."
Haut de page
 
 
Sea Dolphin - Nage avec les dauphins sauvages Témoignage de Béatrice Zeppilli, Voyage du 10 mai 2003
 
... de bulles et d'évent...

... la première fois...

Cric... cric... cric... Un petit bruit de crécelle chatouille mes oreilles alors que je viens juste de plonger. Il a été précédé de la vision de nombreux petits ailerons fendant la surface de l'eau comme des lames de rasoir... J'étais aux aguets, les yeux plissés fixant l¹horizon et guettant la moindre ondulation de la surface de l'eau. L'excitation est à son comble... et en même temps, une sensation de sérénité se fait en moi... je les savais à proximité et lorsqu¹ils sont arrivés, mon coeur a bondi de joie, mais d'une joie si sereine, si inespérée, et pourtant attendue depuis tant de décennies... La patience a eu sa récompense, et moi le plus beau cadeau du monde: ils cliquètent et de leur évent sort un petit chapelet de bulles. Je palme vers eux, en douceur, les bras en avant, les mains tendues comme dans une prière...en essayant de les rejoindre à quelques mètres de la surface... Leur caudale a l'air de me dire ³rattrape-nous si tu le peux! Mes mouvements de palmes sont bien modestes comparés à l'aisance suave de leur nage, qui met en valeur l'élégance de leur corps aux trois couleurs, blanc pour le ventre, puis une grande ligne gris perle, et enfin, le gris métallique du reste du corps. Et soudain, c'est la récompense : ils vont et viennent à proximité, me font face, et s'échappent à la seconde où je crois capter leur attention. Ils me disent qu'ils m'ont examinée de la tête aux pieds, m'ont scannée, et vu mon coeur qui battait pour eux. Ils jouent entre eux, soulèvent d'un coup de rostre gracieux les petites méduses mauves, ravissantes, transparentes ... Il y en a des centaines autour de nous, je les frôle, mais elles ne sont pas urticantes. Je ne sais où donner du regard, dix, vingt, trente dauphins et plus, là, au-dessous de moi, sur le fond de sable blanc ...Ils forment un tapis mouvant, volant dans le bleu intense, transparent, qu'ils fendent avec une grâce inouïe, ils sont les danseurs étoiles de la mer... Ils virent et évoluent à toute vitesse, n'arrêtent pas de se frôler, de se taquiner, simulant des accouplements en se frottant ventre à ventre... Les jeunes restent sous leurs mères, et ne s'approchent pas trop... Je perçois leurs cris, c'est leur façon de communiquer entre eux, et c'est une vraie musique live... J'en ai tellement entendu dans des documentaires, mais c'est tout autre chose ici et maintenant. Mon coeur un peu calmé, j'essaie de m'approprier un groupe d'entre eux, car à nager à droite et à gauche, je n'en capterai aucun! Je plonge en essayant de les suivre... Et voilà que le miracle s'accomplit: trois d'entre eux s¹approchent tout prés de moi, m'entourent et c'est un festival d'ondulations fulgurantes, je les ai partout dans mon champ visuel. J'entre dans leur jeu et je tourne sur moi-même aussi vite que possible pour accompagner leurs voltes sous-marines. Ils aiment ça, et nous jouons ensemble, comme des enfants que nous sommes dans un manège sous-marin à donner le tournis! Un quatrième vient nous rappeler à l'ordre en semant le désordre, comme s'il était jaloux de nos jeux, et tout le monde s'égaye en plongeant!
J'enlève mon tuba car j'ai tellement envie de leur sourire... et j'ai la naïveté de croire qu'ils vont comprendre mon sourire! Assez joué me font-ils comprendre...ils vont voir un peu plus loin si le jeu n'est pas plus passionnant avec Frédéric ou Vincent, qui sondent tellement mieux que moi!
J'en suis un qui a l'air empêtré par un morceau de plastique noir (que fait-il ici, au bout du monde!); vivement, il secoue son rostre de droite à gauche, comme pour s'en débarrasser... Mais non, d'un petit coup de bec agile, il le pose sur son aileron droit, nage un instant, traînant le plastique, puis reprend son jouet et recommence son manège; c'est comique de le voir s'amuser ainsi!

Mais le bonheur est de nouveau près de moi, à ma droite, presque contre mon corps : il, ou elle, me regarde, et je rencontre ce petit oeil brun, plein de malice, d'intelligence et de curiosité. Je sais que nous nous regardons, et c'est ça la magie du dauphin: l'échange existe bel et bien et il se passe quelque chose de très fort entre nous; quelque part, nous nous retrouvons, lui dans son milieu naturel, moi dans le liquide amniotique dans lequel je devais me trouver aussi délicieusement bien qu¹en cet instant purement magique, surnaturel... Suis-je en train de renaître à moi-même? Je ressens une joie ineffable à recevoir ce cadeau unique: il a toléré ma présence et a bien voulu me reconnaître en être humain venu troubler sa tranquillité. J'ai remarqué des rayures sur sa peau, à la hauteur de la tête... cinq petites rayures qui m¹intriguent... mais elles me réservent une surprise!

J'admire le dessin du sourcil marron qui part du bec et vient cerner l'oeil comme le mascara d'une belle andalouse! Le bec est long et fin, avec cet indéfinissable sourire que nous lui attribuons, bien que nous sachions qu'il y a dans ce sourire quelque tendance à l'anthropomorphisme dont nous avons tant de mal à nous défaire lorsqu'il s'agit de cette créature mythique qui enflamme notre imagination...

... une autre fois ...
Passées les heures de nage avec eux, - de 6 heures et demi du matin jusqu'à ce qu'ils nous quittent pour la nuit et jusqu'à quand?- je me sens plus sereine et prête à jouir totalement de ces instants intensément vécus, à emmagasiner les sensations profondes, magiques, à être de plus en plus proche d'eux, à me concentrer totalement sur l'observation, l'admiration infinie pour ces créatures-divinités de la mer... Ce miracle de nous laisser, nous humains, les approcher, sans crainte semble-t-il... Et l'incroyable se produit: mon compagnon -ou ma compagne- de l'autre jour vient de nouveau me rendre visite... Toujours à ma droite, et que vois-je : les petites rayures sur le côté de la tête, celles de l'autre jour, à n'en pas douter! Donc, il, ou elle, a bien choisi de me rejoindre! J'avais posé la question des rayures à Frédéric : ce sont des traces de petits coups de dents qu¹ils se donnent en jouant, et leur peau, très fragile, en garde les traces. L'hypothèse de la coïncidence ne tient pas: nous sommes quatre dans l'eau, et nos dauphins plus d'une trentaine: il leur est donc possible de nous choisir et qui sait si je n'ai pas eu une touche! Nous nageons côte à côte et ce n'est pas une image : on se touche presque et je ne résiste pas à la tentation de l¹enlacer en la -ou le ?- frôlant à peine, si légèrement que nous nageons quelques dizaines de mètres ensemble tout près de la surface... Lorsque d'un petit coup de caudale à peine sensible, mon dauphin s¹éloigne de moi, j¹émerge, au deux sens du mot, de l'eau et de l¹irréel... Désormais, je vivrai avec eux en moi. Ils ne me quitteront plus ; ce que j'ai ressenti et vécu avec eux n'appartient qu¹à moi, de manière intemporelle, mais si profondément authentique. A leur contact, l'humilité et le respect de la vie et de la liberté, la vraie, prennent tout leur sens. Nous ne sommes que leurs obligés quand nous venons leur imposer notre présence. Alors sachons le faire avec douceur et politesse.

Béatrice

Nous méritons toutes nos rencontres.
Elles sont accordées à notre destiné
et ont une signification qu¹il appartient
à chacun de découvrir...
St. Exupéry
Haut de page